Michel Hanssen propose une réflexion nuancée sur l’évolution des dynamiques intergénérationnelles en environnement professionnel, en particulier en ce qui concerne la génération Z. Il met en lumière une transition profonde dans les mentalités et les modes de fonctionnement, qu’il qualifie de « nouvelle ère de la flemme ». Cette phase est caractérisée par un changement des priorités où la quête d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle devient centrale, à l’inverse des générations précédentes plus portées sur le travail à outrance. L’orateur illustre cela par un parallèle avec les « trente glorieuses », soulignant ainsi une période de trente années bouleversée par des comportements jugés plus indolents ou sélectifs en termes d’efforts.
Au-delà de ces évolutions dans l’attitude face au travail, Michel Hanssen insiste sur l’impact de la digitalisation et de l’omniprésence des technologies dans le quotidien de la génération Z, souvent désignée comme « hyper technos ». Cette immersion forte dans le numérique influe également sur les relations humaines au sein des équipes, posant parfois des défis en matière de communication et de cohésion. Par ailleurs, la génération Z réclame une reconnaissance plus immédiate non seulement dans la rémunération mais aussi dans la valorisation de ses engagements, notamment sur des questions sociales et environnementales. Cette génération, plus engagée, manifeste aussi une plus grande mobilité professionnelle, avec un taux de turnover plus élevé, ce qui traduit une transformation profonde des aspirations et des attentes des jeunes actifs.
Hanssen évoque aussi la complexité des interactions entre les différentes générations qui cohabitent désormais dans les espaces de travail, notamment dans les open spaces, où se mêlent les boomers, la génération X, Y et Z. Ces interactions ne sont pas seulement une question d’âge ou de rapport au travail mais sont aussi influencées par des facteurs contextuels et socio-économiques, comme la pandémie de Covid-19, qui a accéléré certaines tendances. Il souligne que l’approche générationnelle, souvent simplifiée, doit être appréhendée avec prudence et que les comportements reflètent souvent des réalités plus complexes qu’une simple catégorisation.
Enfin, Michel Hanssen met en lumière une évolution marquante dans la composition des effectifs, avec une féminisation accrue dans plusieurs secteurs professionnels, dont la santé et le droit. Cette transformation démographique pourrait avoir des impacts notables sur les pratiques et la culture organisationnelle. Il conclut en ouvrant la porte à une discussion plus approfondie sur ces thèmes, laissant entendre que ces mutations générationnelles obligent les organisations à repenser leurs modes de management et leurs stratégies d’engagement des collaborateurs.