Cette conférence aborde la fréquence, les facteurs de risque, le diagnostic et la prise en charge efficace de la thrombose clinique et infraclinique des valves TAVI, en soulignant l'importance de la surveillance et du traitement anticoagulant adapté.

Les 3 points clés

  • La thrombose de valve TAVI peut être infraclinique et fréquente (jusqu'à 38 %), souvent détectée au scanner et pouvant régresser sous anticoagulants, mais la thrombose clinique est plus rare et grave, nécessitant un traitement rapide.
  • Les facteurs de risque de thrombose comprennent la thrombopénie, l'insuffisance rénale, la dysfonction ventriculaire gauche, l'absence de prédilatation et la position intraannulaire, notamment avec valves balloon expandable.
  • Le traitement anticoagulant, généralement par AVK ou AOD, est efficace pour traiter la thrombose clinique, tandis que la prise en charge de la thrombose infraclinique reste débattue et nécessite une surveillance attentive.
Pharm'appac

Un TAVI qui caillotte

Thomas MOUYEN · 2025

La conférence propose une exploration approfondie du phénomène de la thrombose après implantation de valve aortique par voie transcathéter (TAVI), un événement relativement fréquent mais souvent sous-détecté en raison de sa forme souvent infraclinique. À travers l’étude détaillée d’un cas clinique complexe, l’orateur met en lumière les enjeux diagnostiques et thérapeutiques auxquels sont confrontés les praticiens. L’exemple clinique présenté illustre parfaitement la dynamique de la thrombose valvulaire : une évolution insidieuse détectée tardivement par scanner, une élévation significative des gradients valvulaires sur l’échographie, et une réponse positive rapide au traitement anticoagulant. Ce cas démontre également l’importance d’une surveillance attentive et individualisée, notamment chez les patients présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires majeurs. L'analyse se poursuit par une revue des données épidémiologiques issues de grandes études et méta-analyses, qui révèlent que la thrombose infraclinique touche une proportion importante de patients après TAVI, avec une incidence variable selon les critères de détection. Toutefois, la pénombre subsiste quant à son impact à long terme sur la fonction valvulaire et la survie. Contrairement à cette forme latente, la thrombose clinique, bien que plus rare, se manifeste par une dégradation hémodynamique marquée, une élévation des gradients associée à des symptômes cliniques et des événements emboliques potentiellement sévères. La reconnaissance précise de ces formes cliniques s’avère cruciale, car le traitement anticoagulant, qu’il soit basé sur des AVK ou des anticoagulants oraux directs, reste très efficace pour induire une régression rapide des lésions thrombiques. L’orateur aborde également les mécanismes physiopathologiques complexes impliqués dans la formation de thrombus sur la valve TAVI, mettant en avant une interaction entre des facteurs locaux (stase sanguine dans les néosinus, position et type de valve), des caractéristiques biologiques (notamment la thrombopénie paradoxale et des phénomènes liés au facteur de von Willebrand) et des états d’hypercoagulabilité encore mal définis. Cette compréhension fine justifie l’intérêt croissant pour des scores prédictifs et une stratification rigoureuse des patients, dans l’objectif d’adapter la prise en charge prophylactique et thérapeutique. Enfin, il est souligné que les recommandations actuelles ne préconisent pas l’anticoagulation systématique post-TAVI, mais insistent sur la nécessité d’une surveillance attentive et d’une gestion personnalisée en fonction du profil de risque, des observations échographiques et des résultats scannographiques, en attendant les résultats des études en cours qui pourraient faire évoluer ces indications.