La thrombose de stent, bien que son incidence ait diminué au fil des années grâce aux progrès technologiques et aux meilleures pratiques cliniques, reste un événement redoutable en cardiologie interventionnelle. Lors de cette conférence, Radwane Hakim met en lumière les données récentes issues des registres nationaux et internationaux, qui montrent néanmoins que la thrombose précoce – survenant dans les 30 jours après la pose du stent – constitue la majorité des cas et représente un réel enjeu pronostique. En effet, ces thromboses sont associées à une charge thrombotique élevée, à un succès moindre de la reperfusion coronarienne et à un taux de mortalité nettement plus élevé comparé aux infarctus sur lésions natives non stentées.
Une part importante de la prévention repose donc sur l’identification et la correction des facteurs mécaniques responsables de ces complications. Les données issues de l’imagerie intravasculaire, notamment l’OCT, soulignent que presque tous les cas de thrombose intrastent présentent des anomalies structurelles telles que des dissections, une malapposition ou une sous-expansion du stent. L’optimisation mécanique du déploiement du stent, en évitant ces défauts, s’avère donc cruciale pour réduire le risque de thrombose, particulièrement dans les phases aiguës post-implantation. La relation entre un déploiement sous-optimal et un taux accru de complications thrombo-emboliques est clairement établie, soulignant l’importance d’un contrôle rigoureux du résultat de l’angioplastie.
Sur le plan pharmacologique, le rôle du traitement antiplaquettaire double (DAPT) est primordial, surtout en évitant les interruptions prématurées non prévues. Si la durée optimale de la DAPT peut désormais être raccourcie dans certains contextes sans perte d’efficacité, l’arrêt abrupt du traitement, qu’il soit lié à un saignement ou à une mauvaise observance, expose à un risque élevé de thrombose, souvent associé à une cause mécanique non corrigée. Par ailleurs, la question du prétraitement reste débattue avec des résultats variables selon le type de coronaropathie, mais il semble que chez certains patients, l’absence de prétraitement soit liée à une augmentation du risque thrombotique.
Enfin, en cas de thrombose de stent installée, la stratégie thérapeutique optimale implique d’abord une restauration douce du flux sanguin avant de réaliser une imagerie intravasculaire différée pour bien identifier le mécanisme sous-jacent. L’adaptation du traitement en fonction de l’imagerie spécifique permet de limiter l’implantation de stents additionnels et d’optimiser la prise en charge. En résumé, la prévention grâce à une angioplastie parfaitement réalisée, guidée par l’imagerie, ainsi qu’une gestion attentive du traitement médicamenteux restent les piliers fondamentaux pour éviter ce cauchemar thrombotique qu’est la thrombose intrastent.