Présentation d'un cas rare d'infarctus ventriculaire droit compliqué par la réouverture d'un foramen ovale, traitée avec succès par fermeture percutanée sous anesthésie locale, illustrant une alternative mini-invasive en contexte d'hypoxie réfractaire.

Les 3 points clés

  • Présentation d'un cas rare de fermeture percutanée urgente d'un foramen ovale post-infarctus ventriculaire droit chez un patient fragile.
  • Démonstration que la fermeture de FOP sous anesthésie locale est réalisable avec une amélioration clinique rapide malgré l'absence d'alternatives comme l'assistance mécanique.
  • L'intérêt d'une prise en charge collégiale et adaptée au cas par cas dans les infarctus ventriculaires droits avec hypoxémie réfractaire due à une réouverture du FOP.
Coin des influenceurs et cas insolites

Veni, VD, Vici

François HUCHET · 2024

Cette présentation détaille un cas clinique particulièrement rare et complexe d'infarctus du ventricule droit (VD) compliqué par une réouverture d’un foramen ovale perméable (FOP), situation responsable d’une hypoxémie réfractaire. Le patient, polypathologique avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive sévère et un important tabagisme actif, a présenté un infarctus du VD avec un choc cardiogénique associé, malgré une revascularisation difficile et partielle de la coronaire droite. Face à une hypoxémie résistante aux traitements médicaux et à une fonction VD très compromise, l’équipe a suspecté une communication droite-gauche via l’ouverture du foramen ovale, confirmée par un test à la bulle en échocardiographie transthoracique. L’originalité du cas réside dans la décision de réaliser une fermeture percutanée du FOP sous anesthésie locale, sans recourir à une anesthésie générale, en raison de l’état critique du patient et de l’indisponibilité des anesthésistes. Cette approche mini-invasive et inhabituelle a permis, après un test occlusif favorable, d’améliorer rapidement la saturation en oxygène et de stabiliser hémodynamiquement le patient. L’intervention a été menée avec rigueur, en intégrant un cathétérisme droit afin d’évaluer la pression artérielle pulmonaire et s’assurer de l’absence d’hypertension pulmonaire sévère contre-indiquant la fermeture. Le déploiement du dispositif a conduit à un sevrage progressif des vasopresseurs et de l’oxygène, avec une récupération clinique notable. Les suites cliniques ont été marquées par une amélioration durable, confirmée lors du suivi à un an, où le patient présentait une fonction VD partiellement récupérée, une absence de récidive et une excellente qualité de vie. Ce retour d’expérience s’inscrit dans un contexte où la littérature reste rare sur ce type particulier de complication, avec seulement une vingtaine de publications historiques, souvent anciennes, et une quasi-absence de cas traités par fermeture percutanée avec implant. L’orateur souligne ainsi l’intérêt de cette technique mini-invasive, qui peut constituer une alternative précieuse dans des situations d’urgence où les options thérapeutiques classiques, comme l’assistance circulatoire ou la chirurgie, sont non envisageables. Enfin, cette présentation met en lumière un parcours clinique complexe et la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire, combinant cardiologie interventionnelle, imagerie avancée et soins intensifs. Elle illustre la pertinence de l’adaptation des pratiques médicales aux contraintes spécifiques de chaque patient et offre une contribution importante à la compréhension et au traitement des infarctus du ventricule droit compliqués par une réouverture de foramen ovale.