Cette présentation met en lumière un cas clinique exceptionnel d’embolies coronaires survenant de manière récidivante chez un patient de 66 ans sans antécédents cardiovasculaires majeurs. Initialement hospitalisé pour une pneumonie avec des troponines légèrement élevées et des douleurs angineuses à l’effort, il subit une coronarographie qui révèle une artère coronaire sans sténose significative, bien que légèrement athéromateuse. L'évolution du cas est marquée par trois épisodes ischémiques successifs, chacun nécessitant une intervention spécifique, soulignant la complexité diagnostique et thérapeutique de ce type de pathologie.
Le premier épisode est un accident ischémique transitoire suivi, sept jours plus tard, d’un infarctus du myocarde avec occlusion thrombotique partielle. Lors de cette seconde phase, la thromboaspiration est tentée pour éliminer le thrombus sans poser de stent afin de limiter les risques associés à la double anticoagulation, mais l’opération n’est pas pleinement satisfaisante, ce qui conduit finalement à la pose d’un stent. Le troisième épisode, plus grave, se manifeste par un infarctus antérieur étendu, nécessitant la pose de deux stents longs sur l’artère interventriculaire antérieure. Ce parcours thérapeutique illustre la difficulté à gérer ces embolies coronaires qui ne correspondent pas aux mécanismes classiques d’athérosclérose.
L'importance de penser à cette étiologie rare est mise en exergue, notamment en présence d’infarctus multiples en l'absence de lésions athéroscléreuses significatives. Les embolies coronaires représentent une cause souvent sous-estimée des infarctus, avec des facteurs favorisants tels que la fibrillation auriculaire, les tumeurs intracardiaques, ou des troubles thrombophiliques. Dans ce cas, malgré un bilan exhaustif négatif pour ces affections, la suspicion d’un embolisme d’origine auriculaire est forte, justifiant la recommandation de fermeture de l’auricule gauche, du traitement anticoagulant prolongé et d’une antithrombose adaptée.
Cette conférence insiste également sur la valeur diagnostique de la coronarographie et l’efficacité de la thromboaspiration en urgence pour éviter la pose systématique de stents, réduisant ainsi les complications liées à la polymédication anticoagulante. Ce cas rare enrichit la littérature en démontrant qu’il ne faut jamais écarter ce diagnostic devant des infarctus récurrents sans sténose significative visible, et qu’une prise en charge rapide, personnalisée et multidisciplinaire peut permettre une évolution favorable malgré la gravité initiale.