Présentation des multiples applications du laser en cardiologie interventionnelle, démontrant son efficacité pour traiter des lésions coronariennes complexes infranchissables, déthromboser des artères et gérer les arrosténoses intrastents, tout en insistant sur la prudence et les protocoles adaptés à son utilisation.

Les 3 points clés

  • Le laser est un outil multifonction efficace pour traiter des lésions coronaires infranchissables, y compris les lésions calcifiées et les stents non déployés.
  • L'utilisation du laser dans un milieu iodé produit un effet photo-mécanique disruptif qui facilite le franchissement des lésions complexes là où le laser conventionnel échoue.
  • La prudence est nécessaire lors de l'utilisation du laser en coronarien, notamment en raison des risques de slow flow, embolisation et perforation, ce qui requiert un protocole d'utilisation strict et une administration contrôlée de l'iode.
Coin des influenceurs et cas insolites

Périphérique aux portes de la coronaire

Jérôme BRUNET · 2024

Cette conférence aborde l’utilisation innovante et polyvalente du laser en cardiologie interventionnelle, notamment pour le traitement des lésions coronariennes complexes dites infranchissables. Jérôme Brunet illustre comment cet outil, initialement développé pour le territoire vasculaire périphérique, s’avère précieux pour ouvrir des lésions très calcifiées ou obstruées, parfois impossibles à franchir avec les techniques conventionnelles. À travers le récit de cas cliniques précis, le conférencier explique comment, en adaptant les protocoles d’irrigation et en utilisant différents milieux tels que le contraste iodé, le laser peut générer des effets photoacoustiques et photomécaniques, permettant ainsi d’obtenir une désobstruction efficace contre des obstacles coriaces comme les rostenoses intrastentes ou les calcifications massives. Au-delà de la simple photoablation, le laser démontre sa capacité à traiter non seulement des lésions superficielles mais aussi à décomposer des thrombus récents, une application peu décrite mais prometteuse. Jérôme Brunet insiste cependant sur la nécessité d’une maîtrise rigoureuse du procédé : le positionnement précis de la sonde, la lenteur des tirs et le respect strict des protocoles d’injection sont indispensables pour minimiser les risques tels que le « slow flow », l’embolisation ou la perforation. Le risque de complications est d’autant plus accentué lors de l’usage hors indication, notamment lors de l’emploi de contraste au lieu d’irrigation saline. Ces aspects sont détaillés, éclairant sur la prudence à adopter et sur l’importance d’une expertise dédiée pour un usage sûr et efficace. L’expérience développée, avec plus de 300 cas traités, conforte la confiance dans la fiabilité et la remarquable efficacité du laser, à condition toutefois que le guide puisse être mis en place en amont. Il s’agit d’un véritable couteau suisse dans l’arsenal du cardiologue interventionnel, capable aussi bien d’ouvrir des stents anciens très calcifiés que de déthromboser des artères difficiles ou d’évoluer en zone périphérique ou coronaire selon les situations. Son usage ouvre la porte à des procédures jusque-là complexes ou non réalisables, réduisant les échecs de franchissement de lésion et offrant de nouvelles perspectives thérapeutiques. En conclusion, cette intervention met en lumière un outil incontournable, multifonction, nécessitant un apprentissage précis et un protocole adapté pour exploiter tout son potentiel en cardiologie interventionnelle.