La cardiologie verte vise à réduire l'impact environnemental des soins cardiovasculaires en optimisant le tri et la gestion des déchets médicaux, générant des économies significatives tant écologiques qu’économiques.

Les 3 points clés

  • Le secteur de la santé est responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre, avec une grande part due à l'achat de médicaments et dispositifs médicaux.
  • L'optimisation du tri des déchets en cardiologie interventionnelle peut réduire jusqu'à 50% le poids des déchets et diminuer l'impact économique et écologique de manière significative.
  • La cardiologie verte vise non seulement la réduction des déchets médicaux mais aussi l'adoption de pratiques durables qui seront à la fois économiquement et écologiquement bénéfiques à moyen et long terme.
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Cardiologie verte

Charlène RUSSO · 2024

La cardiologie verte apparaît aujourd’hui comme une nécessité urgente face aux paradoxes environnementaux du secteur de la santé. En effet, le domaine médical, tout en soignant nos organes vitaux, contribue paradoxalement à la pollution atmosphérique, aggravant notamment les maladies cardiovasculaires. Face à cette contradiction, la réduction de l’empreinte écologique des soins devient primordiale, et la cardiologie verte s’emploie à répondre à ce défi en optimisant notamment la gestion et le tri des déchets médicaux. L’étude présentée s’est concentrée sur l’impact d’une optimisation du tri des déchets dans les blocs opératoires de cardiologie interventionnelle à Grenoble. En analysant précisément les déchets produits lors des procédures, avant et après mise en place de nouvelles filières de tri, un gain significatif a été démontré : la quantité de déchets par acte a été réduite de moitié, avec une forte diminution des déchets dits « dasseries » (poubelles jaunes) au profit de filières plus adaptées et écologiques, notamment avec une valorisation du sang biodégradable via son rejet dans les eaux usées. Ce changement a non seulement permis de réduire la masse des déchets mais aussi les impacts économiques et environnementaux liés à leur traitement, avec une baisse estimée de 78 % des émissions de CO2 liées à ce poste. Au-delà de ces résultats concrets, la conférencière souligne que cette démarche nécessite une évolution des pratiques réglementaires, organisationnelles et managériales. Une formation adaptée des équipes, une remise à jour des protocoles et une collaboration étroite avec les prestataires de gestion des déchets sont essentielles. Toutefois, la réduction et le recyclage ne sauraient être la finalité ultime : la réutilisation et la minimisation à la source des déchets, notamment en limitant les produits à usage unique et le sur-emballage, représentent des axes prioritaires pour aller vers un modèle véritablement durable. Enfin, la cardiologie verte ne se limite pas à la seule gestion des déchets ; elle invite à une réflexion plus large sur l’ensemble de la chaîne de soins afin de concilier la prise en charge des patients avec la préservation de la planète. Plus qu’une contrainte, cette transition écologique est une opportunité d’innovation et d’économies à moyen et long terme, mettant en lumière que le soin de la Terre est intrinsèquement lié au soin des individus.