Cette présentation expose le suivi complexe d’un patient de 63 ans ayant subi un arrêt cardiaque nocturne, dans un contexte de facteurs de risque cardiovasculaire classiques. Après une réanimation initiale et une coronarographie réalisée en urgence, une lésion suspecte au niveau de l'artère interventriculaire antérieure (IVA) a été mise en évidence. L’analyse approfondie par imagerie coronarienne en dose faible (Rondo CT) a confirmé une rupture de plaque avec thrombus, ce qui a conduit à la réalisation d’une angioplastie avec stenting et une reprise satisfaisante du flux coronaire.
Malgré ce traitement, le patient a présenté des récidives d’arrêts cardiaques avec des modifications electrocardiographiques dynamiques et des épisodes de spams coronariens non résolus initialement. Face à cette évolution clinique atypique et à l’absence de lésions sténosantes significatives sur les contrôles coronaires ultérieurs, un test de provocation a été réalisé. Celui-ci a objectivé une vasoconstriction sévère et focale responsable d’occlusion coronaire, nécessitant une prise en charge adaptée avec vasodilatateurs. Ce diagnostic de spasme coronarien, parfois méconnu, a permis d’établir une stratégie thérapeutique ciblée.
Ce cas illustre l’importance de considérer le spasme coronarien comme une cause possible d’arrêt cardiaque, notamment chez des patients présentant des lésions coronaires non critiques ou ambiguës. Il souligne aussi le rôle crucial des techniques d’imagerie coronarienne avancée dans l’évaluation qualitative des lésions ainsi que dans le monitoring post-angioplastie. Par ailleurs, la démonstration de spasmes réfractaires sous traitement médical a motivé le recours à une angioplastie ciblée sur la zone spastique, une option thérapeutique de dernier recours qui peut améliorer le pronostic.
Enfin, ce parcours clinique met en lumière la nécessité d’adopter une démarche diagnostique et thérapeutique flexible, impliquant la reconsidération des diagnostics initiaux face à des évolutions cliniques imprévues. La reconnaissance et la prise en charge du spasme coronarien dans un contexte d’arrêt cardiaque restent un défi, mais s’avèrent fondamentales pour optimiser la survie et la récupération des patients.