La certification obligatoire des cardiologues, mise en place en 2023, vise à améliorer la qualité des pratiques médicales à travers l’accréditation individuelle et en équipe, la déclaration des événements indésirables, le suivi des recommandations et la collaboration médicale, malgré la complexité administrative et les difficultés actuelles de mise en œuvre.

Les 3 points clés

  • Cardiorisq est un système complexe d'accréditation médicale mis en place dans un contexte de santé français complexe avec plusieurs administrations impliquées.
  • Depuis le 1er janvier 2023, la certification des médecins est obligatoire et nécessite un engagement sur la déclaration d'événements indésirables, le suivi de recommandations et le travail en équipe par la participation à des discussions médicales.
  • L'accréditation, centrée sur les pratiques de qualité et l'amélioration continue, se fait via un système numérique (SIAM) sur une période de quatre ans avec un suivi annuel, et sera bientôt exigée même dans le service public.
Le coin des influenceurs

Cardiorisq, vous risquez quoi ?

Philippe COMMEAU · 2023

Depuis le 1er janvier 2023, la certification obligatoire des cardiologues a été instaurée dans le but d’élever la qualité des pratiques médicales dans le domaine de la cardiologie interventionnelle. Ce processus s’inscrit dans une démarche globale pilotée par le Conseil National Professionnel (CNP) de la cardiologie en collaboration avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (HAS) et la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS). L’objectif est d’harmoniser les compétences des praticiens via une accréditation à la fois individuelle et collective, tout en assurant un suivi rigoureux des événements indésirables et la mise en conformité avec les recommandations des sociétés savantes nationales et internationales. Le système utilisé, connu sous le nom de Cardiorisq, bien que complexe et perçu comme une « usine à gaz », se veut un outil structurant qui encourage le travail en équipe et la sécurité des patients. En effet, la déclaration d’incidents, même ceux qui ne sont pas directement liés à un acte médical mais qui peuvent impacter la prise en charge (comme des problèmes techniques ou organisationnels), est un volet fondamental. De plus, la participation aux réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) et aux revues de morbi-mortalité (RMM) constitue un autre pilier essentiel, favorisant une culture du dialogue et du partage des bonnes pratiques, indispensable pour éviter les complications et améliorer la prise en charge globale. La mise en œuvre opérationnelle de cette certification repose sur une plateforme numérique appelée SIAM, développée par l’HAS, où chaque cardiologue doit s’identifier, enregistrer ses actions, et s’engager formellement à respecter les exigences de la certification sur une période de quatre ans. Chaque année, ils doivent notamment déclarer au moins deux événements indésirables, prouver leur participation aux congrès et réunions médicales, et démontrer le suivi des recommandations. Malgré les défis rencontrés, comme le manque de ressources humaines et financières dédiées à l’accompagnement administratif, certaines structures, notamment des centres hospitaliers universitaires comme Bordeaux, ont instauré un soutien personnalisé via des secrétaires spécialement formées pour guider les praticiens dans leurs démarches. Ce dispositif, bien que perçu initialement comme contraignant, est promis à un développement croissant, non seulement dans le secteur privé mais aussi dans le service public. À terme, l’accréditation conditionnera l’exercice clinique en lien direct avec le financement et la reconnaissance des établissements. Les cardiologues sont donc encouragés à s’impliquer pleinement dans ce processus, conscient que la certification représente avant tout une démarche de progrès et de sécurité au bénéfice des patients, tout en assurant une meilleure valorisation de leurs compétences dans un paysage hospitalier en constante évolution.