L'incidence des AVC per procédure en cardiologie structurelle est de 2 à 3%, nécessitant un diagnostic précoce par angioscanner cérébral et une prise en charge rapide par thrombectomie mécanique pour limiter les séquelles.

Les 3 points clés

  • L'incidence des AVC per procédure en cardiologie structurelle est entre 2 et 3%, avec un diagnostic précoce crucial pour la prise en charge.
  • La thrombectomie mécanique est efficace si réalisée rapidement, idéalement dans les 6 heures suivant l'AVC, permettant souvent une récupération significative.
  • Les systèmes de protection cérébrale comme Sentinelle n'ont pas démontré d'efficacité statistiquement significative pour réduire le risque d'AVC per procédure, malgré une tendance possible.
Le structurel sans cœur

L'AVC per procédure

Paul BARSOUM · 2023

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) survenant en cours de procédures de cardiologie structurelle, notamment lors de l'implantation de valves aortiques percutanées (TAVI), représentent une complication grave dont l’incidence est estimée entre 2 et 3%. Cette conférence met en lumière la gravité et la fréquence non négligeables de ces AVC « per procédure », qui touchent souvent des patients fragiles et à risque élevé. L’orateur insiste sur la nécessité d’un diagnostic ultra-précis et précoce, recommandant en particulier la réalisation systématique d’un angioscanner cérébral dès les premiers signes neurologiques afin de détecter une occlusion des gros vaisseaux cérébraux. Cette étape est fondamentale pour initier rapidement les mesures thérapeutiques adéquates et limiter les séquelles potentiellement invalidantes. Un cas clinique concret illustre l’importance de la coordination entre équipes de cardiologie interventionnelle, neurologie vasculaire et neuro-radiologie interventionnelle. Chez un patient présentant un complexe profil à risque, un AVC sévère a été détecté immédiatement après une procédure de TAVI réalisée sans complications apparentes. L’angioscanner cérébral a mis en évidence une occlusion de l’artère sylvienne gauche, avec un thrombus limité sans atteinte hémorragique. Grâce à la mise en place rapide d’un circuit de soins efficace, le patient a été transféré en urgence pour une thrombectomie mécanique, réalisée dans les six heures suivant le début des symptômes, aboutissant à une récupération neurologique quasi-complète et une survie autonome à long terme. Ce cas souligne l’importance cruciale d’un réseau et protocole bien établis pour gérer ce type de complication. L’analyse des données récentes, dont une étude randomisée en 2022 évaluant les dispositifs de protection cérébrale comme le système Sentinelle, souligne un manque accru de preuves solides quant à leur efficacité réelle pour prévenir ces AVC en cardiologie interventionnelle. Bien que certains résultats laissent entrevoir une possible réduction des AVC à séquelles fonctionnelles sévères, aucune conclusion statistiquement significative n’a pu être établie à ce jour. Ainsi, la prise en charge de ces AVC repose davantage sur la rapidité du diagnostic et la mise en œuvre de la thrombectomie mécanique que sur la prévention systématique par ces dispositifs. Enfin, les recommandations actuelles insistent sur l’urgence de la prise en charge, avec une fenêtre thérapeutique optimale dans les six premières heures, pouvant néanmoins s’étendre jusqu’à 24 heures dans certains cas sélectionnés. La thrombolyse systémique étant souvent contre-indiquée en raison des anticoagulants utilisés durant les procédures, la thrombectomie mécanique reste le traitement de choix pour les occlusions de gros vaisseaux cérébraux. Ce constat met en exergue l’importance d’établir un circuit de prise en charge rapide et coordonnée impliquant cardiologues, neurologues et neuroradiologues interventionnels afin d’améliorer significativement le pronostic fonctionnel des patients victimes d’un AVC per procédure en cardiologie structurelle.