Les inhibiteurs PCSK9, tels que l'alirocumab et l'évolocumab, offrent une baisse significative du LDL cholestérol et une réduction des événements cardiovasculaires, tout en modifiant favorablement la plaque d'athérome chez les patients en prévention secondaire.

Les 3 points clés

  • Les inhibiteurs PCSK9, tels que l'alirocumab et l'évolocumab, réduisent significativement le taux de LDL cholestérol et diminuent les événements cardiovasculaires, notamment après un syndrome coronarien aigu.
  • Les études récentes d'imagerie endocoronaire montrent que ces médicaments modifient favorablement le phénotype de la plaque d'athérome en augmentant la chape fibreuse et en diminuant le cœur lipidique, ce qui stabilise et réduit la plaque.
  • De nouveaux hypolipémiants, incluant des oligonucléotides antisens et des ARN interférents, sont en développement, ce qui promet une poursuite de l'amélioration des traitements malgré leur coût élevé.
Le coin des influenceurs

Nouveaux hypolipémiants : ça pique !

Jérôme RONCALLI · 2023

Depuis la découverte, il y a 20 ans, du rôle central de la PCSK9 dans le métabolisme du cholestérol, les inhibiteurs de cette protéine ont profondément transformé la prise en charge de l’hypercholestérolémie, en particulier chez les patients à haut risque cardiovasculaire. Les deux médicaments actuellement disponibles, l’alirocumab et l’évolocumab, permettent une réduction spectaculaire du LDL cholestérol, avec une baisse d’environ 70 %. Cette diminution s’accompagne d’un bénéfice clinique important, mis en évidence par de grandes études cliniques telles que FOURIER et ODYSSEY OUTCOMES, qui ont démontré une réduction significative des événements cardiovasculaires majeurs, comme les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux et les revascularisations coronariennes. Au-delà des bénéfices sur les paramètres biologiques et les événements cliniques, ces traitements ont aussi un impact positif sur la plaque d’athérome elle-même. Des techniques d’imagerie endo-coronaire comme l’OCT et l’AVUS ont permis de montrer que l’inhibition de la PCSK9 favorise non seulement la réduction du volume de la plaque, mais aussi une modification favorable de son phénotype. Ces études ont mis en évidence un épaississement de la chape fibreuse et une diminution du cœur lipidique, deux facteurs clés dans la stabilité de la plaque et la prévention des ruptures à l’origine des événements coronariens. Ainsi, l’utilisation de ces médicaments, en complément des statines, permet non seulement de contrôler le profil lipidique mais aussi d’agir sur les mécanismes physiopathologiques à la source des complications. Ces progrès s’inscrivent enfin dans une évolution des recommandations cliniques, qui préconisent aujourd’hui des objectifs plus stricts de LDL cholestérol, notamment en prévention secondaire. En pratique, si le LDL reste supérieur à 0,70 g/l malgré un traitement par statine associé à l’ézétimibe, l’ajout d’un inhibiteur PCSK9 doit être envisagé, avec un objectif encore plus bas chez les patients ayant présenté plusieurs événements cardiovasculaires récents. Cette approche thérapeutique ciblée et personnalisée vise à réduire au maximum le risque résiduel et à prévenir la survenue de nouvelles complications. Enfin, si ces médicaments sont prometteurs et efficaces, leur coût reste un frein important à une utilisation large et précoce, d’autant qu’il s’agit d’anticorps monoclonaux administrés par injection sous-cutanée. Néanmoins, de nouvelles voies thérapeutiques, notamment les oligonucléotides antisens et les ARN interférents, sont en développement pour cibler non seulement le LDL cholestérol mais aussi d’autres lipoprotéines comme la Lp(a), ce qui promet d’étendre encore le champ d’action des hypolipémiants innovants dans les années à venir.