Présentation d’un cas clinique illustrant les bénéfices et les limites de l’utilisation de l’échographie intravasculaire (IVUS) combinée à une fermeture percutanée des ruptures septales post-infarctus, avec un focus sur la prise en charge, les complications, et les perspectives d’amélioration des dispositifs prothétiques.

Les 3 points clés

  • La rupture septale post-infarctus, bien qu'ayant une mortalité élevée, peut être mieux prise en charge grâce à des procédures percutanées comme la pose de prothèses, surtout chez les patients à haut risque chirurgical.
  • L'utilisation de la contrepulsion et de dispositifs comme l'impella permet de stabiliser le patient en choc cardiogénique en attendant une intervention chirurgicale ou percutanée.
  • Il existe un besoin urgent de développer des prothèses adaptées qui permettent une occlusion immédiate efficace de la rupture septale, un travail en cours avec l'école centrale de Nantes.
Le bar à cas

Quand l'IVUS est un plus

Franck DIGNE · 2023

Cette présentation détaillée met en lumière un cas clinique complexe d’un patient octogénaire présentant une rupture septale post-infarctus, soulignant l’importance de l’échographie intravasculaire (IVUS) dans la prise en charge de cette pathologie critique. L'orateur expose l’évolution naturelle de cette complication mécanique rare mais sévère du syndrome coronarien aigu, insistant sur le délai d'apparition des symptômes et le pronostic sombre associé. L’utilisation de l’IVUS permet ici une visualisation optimale de la rupture et une meilleure orientation du geste interventionnel, notamment dans un contexte difficile où les options chirurgicales sont limitées ou contre-indiquées du fait de l’âge et de l’état général du patient. Le discours aborde les mécanismes physiopathologiques impliqués, notamment le rôle du dysfonctionnement ventriculaire droit et l’impact du shunt interventriculaire sur le cœur, en se référant aux connaissances issues de la cardiologie congénitale. Un point majeur est fait sur la gravité des ruptures septales, les difficultés à stabiliser les patients et les stratégies thérapeutiques employées pour pallier les complications hémodynamiques, telles que la contrepulsion ou l’assistance mécanique quand les dispositifs modernes ne sont pas disponibles. Cette réflexion place également en perspective les limites des traitements médicaux et chirurgicaux traditionnels, qui malgré l’avancement des techniques, n’ont que peu fait évoluer la mortalité dans cette indication. Le cœur de la démonstration repose sur l’approche interventionnelle percutanée, illustrée par la technique dite du téléphérique double abord permettant la pose d’une prothèse Occlutech pour la fermeture de la communication interventriculaire. L’intervenant détaille les étapes techniques et insiste sur les bénéfices immédiats observés, avec l’amélioration du statut hémodynamique du patient et une diminution significative du shunt. Malgré ces avancées, il souligne les imperfections actuelles des dispositifs disponibles, notamment leur effet écarteur parfois délétère qui limite leur efficacité optimale. Cette limite est à l'origine de travaux de recherche collaboratifs visant à développer une prothèse sur mesure, capable d'assurer une occlusion immédiate et durable. Enfin, le retour clinique à moyen terme illustré par l’imagerie et la survie du patient après l'intervention confirme le potentiel de cette stratégie percutanée dans la prise en charge des ruptures septales post-infarctus à haut risque chirurgical. La conférence invite à envisager un avenir où l’intégration de nouvelles technologies d’imagerie intravasculaire associées à des dispositifs prothétiques innovants pourrait améliorer significativement le pronostic de ces patients fragiles, tout en offrant une alternative crédible à la chirurgie traditionnelle.