La gestion des conflits en organisation repose sur la reconnaissance des différentes perceptions individuelles (cartes du monde), l'acceptation de ce qui dépend de soi, et le positionnement de chacun à son "sweet spot" alliant compétences, passion et besoins du collectif.

Les 3 points clés

  • La gestion des conflits repose sur la compréhension que chacun a une "carte du monde" unique, reflet de sa propre perception, vécu et système de valeurs.
  • L'acceptation consiste à distinguer ce qui dépend de soi de ce qui ne dépend pas de soi pour mieux gérer les tensions.
  • Se positionner à son "sweet spot", c'est-à-dire à l'intersection de ce que l'on fait bien, ce que l'on aime et ce dont le collectif a besoin, est essentiel pour prévenir et résoudre les conflits.
La cardiologie positive

Choc des égos et fibrillation collectives

Raphaël BALAŸ · 2025

Dans cette intervention, Raphaël Balaÿ invite à repenser profondément nos approches du conflit au sein des organisations, en posant d’emblée que ce n’est pas la réalité objective ni le conflit lui-même qui nous freinent, mais la manière dont nous les percevons. Il développe la notion de "carte du monde", concept emprunté à la programmation neuro-linguistique, qui désigne la représentation mentale unique et subjective que chacun construit à partir de ses perceptions sensorielles, de son vécu et de ses valeurs. Cette carte, forcément partielle et subjective, influence notre manière d’appréhender les situations, de juger les autres et de réagir. Comprendre que chaque individu possède sa propre carte du monde, dotée d’une intention positive, et qu’il y a autant de cartes différentes que d’individus, devient dès lors une clé essentielle pour désamorcer les conflits. Le conférencier souligne ensuite l’importance de l’acceptation comme levier puissant pour la gestion des tensions. Loin d’être une résignation, l’acceptation consiste à identifier clairement ce qui dépend de notre responsabilité et ce qui échappe à notre contrôle, évitant ainsi de gaspiller de l’énergie dans des luttes infructueuses. Cette clarification aide à adopter une posture plus calme et constructive, permettant d’agir sur ce qui est accessible tout en lâchant prise sur l’inintéressant. Raphaël Balaÿ illustre ce principe par l’exemple des patients qui traversent différemment leur maladie selon leur capacité d’acceptation, démontrant ainsi le pouvoir apaisant et libérateur de cette démarche. Enfin, il introduit la notion japonaise d’"ikigai" – ou "litigaille" – qui désigne l’intersection idéale entre ce que l’on aime faire, ce en quoi on est compétent, ce pour quoi on peut être rémunéré et ce dont le monde a besoin. Appliquer ce concept en entreprise, rapprochant chacun de son "sweet spot", permet à la fois d’ancrer la motivation, la passion et l’efficacité au sein des équipes. Cette approche proactive et humaniste vise à prévenir les conflits en plaçant les collaborateurs dans des situations qui respectent leurs talents et aspirations, favorisant ainsi une fibrillation collective positive, où les egos ne s’opposent plus, mais s’harmonisent pour faire émerger la créativité et la performance. Raphaël Balaÿ nous invite ainsi à dépasser les conflits pour bâtir des dynamiques collaboratives porteuses de sens.