Le suivi des patients après un syndrome coronaire aigu nécessite une approche coordonnée, intégrant cardiologues, infirmières spécialisées, téléconsultations et collaboration avec les médecins généralistes pour optimiser la prise en charge et éviter les ruptures de soins.

Les 3 points clés

  • Le suivi des patients coronariens après un infarctus ne peut pas reposer uniquement sur le cardiologue, car il nécessite une coordination avec les médecins traitants, les infirmières spécialisées et les structures d'éducation thérapeutique.
  • La téléconsultation et le suivi partagé via des assistants médicaux ou des infirmières protocolisées permettent un suivi plus rigoureux et plus adapté, notamment pour l'ajustement des traitements et la prise en charge psychosociale.
  • Il est essentiel d'organiser la coordination des soins via des structures comme les CPTS et d'utiliser pleinement les outils numériques (téléconsultation, télésurveillance, espace numérique de santé) pour éviter les ruptures de suivi et améliorer la gestion des patients à risque.
Prise en charge du ST+ : peut mieux faire

Le suivi par le seul cardiologue a-t-il un sens ?

Vincent PRADEAU · 2023

Cette conférence met en lumière les limites d'un suivi exclusif par le cardiologue pour les patients post syndrome coronaire aigu. L’orateur, cardiologue non interventionnel, insiste sur la réalité quotidienne : derrière les prises en charge techniques d’excellence en phase aiguë, le suivi à long terme reste souvent fragile, avec des ruptures de soins fréquentes, une mauvaise observance thérapeutique et une coordination insuffisante entre acteurs. Il illustre cet écueil à travers un cas clinique typique, soulignant que le suivi classique centré sur le cardiologue seul, parfois éloigné physiquement, ne suffit pas à assurer une surveillance adaptée ni une adaptation rapide des traitements comme les hypolipémiants. L’orateur propose ainsi d’intégrer des modalités plus modernes et coordonnées, parlant de « suivi 3.0 ». Ce suivi s’appuie notamment sur la téléconsultation, qui permet un échange rapide, flexible, et souvent suffisant pour évaluer l’état clinique, les facteurs de risque ou les besoins psychosociaux sans nécessiter systématiquement une consultation en présentiel. Cette approche favorise l’utilisation des nouvelles technologies de communication, en allégeant la charge de travail du spécialiste tout en maintenant un contact régulier et structuré avec le patient. Un rôle clé est également accordé à la collaboration étroite entre cardiologues, infirmières spécialisées (IPA), médecins généralistes, et structures territoriales telles que les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS). Ces professionnels peuvent assurer un suivi plus assidu, vérifier la conformité aux traitements, réaliser les bilans intermédiaires et réorienter le patient en temps réel vers le cardiologue en cas de besoin. Ce travail d’équipe, pensé comme une extension raisonnée des pratiques hospitalières vers le libéral, contribue à éviter les ruptures de prise en charge et améliore la qualité globale des soins. Enfin, cet accompagnement pluridisciplinaire bénéficie aussi d’outils numériques avancés, combinant messageries sécurisées, télésurveillance et dossiers médicaux partagés, qui facilitent la communication et le pilotage du suivi. Plutôt que de considérer ces innovations comme des complications ou des « gadgets », l’orateur invite à les adopter comme des leviers essentiels pour répondre aux enjeux démographiques, psychosociaux et organisationnels actuels. Il conclut ainsi sur la nécessité d’une évolution profonde des pratiques de suivi, impliquant une meilleure structuration, une adaptation des métiers et des process, afin d’assurer une prise en charge optimale et sécurisée des patients coronariens au long cours.