Dans cette présentation, Didier Tchétché met en lumière l’importance cruciale d’une évaluation détaillée et personnalisée de l’anatomie aortique avant le choix d'une prothèse valvulaire lors d’une intervention de type TAVI. Il rappelle que si la mesure de l’anneau aortique constitue une étape fondamentale, elle ne suffit pas à elle seule pour déterminer la valve idéale. L’analyse doit plutôt s’étendre à l'ensemble de la racine aortique, prenant en compte non seulement ses dimensions mais aussi ses caractéristiques architecturales spécifiques, ainsi que les particularités liées à la pathologie du patient.
L’orateur expose ensuite les principales caractéristiques des différentes prothèses disponibles sur le marché, telles que la Sapien 3, prothèse positionnée par ballonnet avec un cathéter flexible, l’Evolute Pro Plus, une valve auto-expansive supra-annulaire capable d’être repositionnée, et la Navitor, une prothèse auto-expansive intra-annulaire également repositionnable et très souple. Il souligne l’importance d’adapter le choix de la prothèse non seulement à la taille de l’anneau, mais aussi à des critères tels que la présence d’une aorte horizontale, la calcification étendue, la bicuspidie, ou encore la situation de valve en valve (Val-Vine-Val).
À travers plusieurs cas cliniques illustratifs, il insiste notamment sur la nécessité d’opter pour des prothèses à larges cellules chez les patients avec des coronaires à surveiller, afin de faciliter la cannulation coronaire future, ou encore sur l’intérêt des valves auto-expansives supra-annulaires dans les petits anneaux pour améliorer les performances hémodynamiques et réduire les risques de complications comme la rupture annulaire. Il aborde également les défis posés par les fuites aortiques pures, où un oversizing important avec la Sapien 3 s’avère souvent efficace malgré l’absence de calcifications favorisant l’ancrage.
Enfin, Didier Tchétché conclut en insistant sur la nécessité pour les centres pratiquant le TAVI de disposer d’au moins deux types de prothèses afin de personnaliser au mieux le traitement en fonction des particularités anatomiques et cliniques des patients. Ce choix éclairé, fondé sur une analyse précise et globale de l’anatomie aortique, permet d’optimiser les résultats cliniques et de minimiser les complications, illustrant ainsi la complexité et la finesse requises dans la prise en charge des sténoses aortiques par voie percutanée.