La fermeture de l’auricule gauche (FAG) est devenue une alternative thérapeutique incontournable en 2025, notamment chez les patients à risque hémorragique élevé ou ceux présentant des difficultés à suivre un traitement anticoagulant. Ahmad Hayek met en lumière les preuves issues d’études majeures comme Protect, PreVail et Prague 17, qui démontrent une non-infériorité de la FAG par rapport aux anticoagulants classiques, tout en assurant une meilleure sécurité en termes d’événements hémorragiques. Ces études soulignent en particulier les bénéfices chez les patients à profil thromboembolique moyen à élevé, avec une réduction notable des complications graves telles que l’AVC et la mortalité.
L’orateur aborde également les défis posés par l’adhérence au traitement anticoagulant. Malgré l’apparition des nouveaux anticoagulants oraux (NACO) qui ont amélioré la compliance à environ 60%, une large proportion de patients restent insuffisamment anticoagulés, ce qui impacte négativement leur pronostic vital. En ce sens, la FAG apparait comme une stratégie fiable, capable de fournir une protection stable presque complète contre le risque thromboembolique, indépendamment des fluctuations dans la prise médicamenteuse. La présentation de cas cliniques illustre avec pragmatisme la complexité de cette prise en charge et la nécessité d’une évaluation personnalisée.
L’étude Option, très attendue en 2024, apporte un éclairage nouveau sur l’utilisation de la FAG en parallèle de l’ablation de fibrillation atriale. Les résultats montrent que la fermeture d’auricule gauche, souvent réalisée au moment de l’ablation, s’avère non inférieure à l’anticoagulation en termes d’efficacité tout en offrant une sécurité accrue face aux complications hémorragiques. Cette avancée ouvre la voie à des indications élargies, notamment chez les patients ayant une fibrillation atriale « silencieuse » post-ablation, souvent enclins à interrompre spontanément leur traitement anticoagulant.
Enfin, Ahmad Hayek évoque les perspectives futures, insistant sur l’importance d’études en cours comme Champion AF ou Catalyst, qui devraient affiner encore davantage la place de cette technique dans l’arsenal thérapeutique. L’enjeu majeur reste celui des patients plus jeunes, dont la longévité nécessite des données solides à long terme pour évaluer la durabilité de la protection offerte par la FAG. Au-delà du simple remplacement des anticoagulants, cette approche pourrait permettre à terme de diversifier les options thérapeutiques, en tenant compte des préférences et des profils individuels des patients.