Description d'une complication rare d'embolisation d'une prothèse lors d'une procédure TAVI chez un patient présentant une valve bicuspide, avec analyse des causes, gestion percutanée, et leçons tirées pour améliorer la sécurité et le sizing des valves.

Les 3 points clés

  • La complication d'embolisation de prothèse est rare mais associée à un risque élevé d'AVC et de mortalité, particulièrement avec les prothèses auto-expansibles dans des anatomies complexes telles que la bicuspidie.
  • L'erreur principale identifiée dans ce cas est une post-dilatation incorrecte ayant entrainé un effet pied-de-biche lors du retrait simultané du ballon et du guide, favorisée par une aorte très horizontale.
  • Trois leçons clés sont de reconsidérer le sizing des prothèses, d'éviter de retirer le guide sur le ballon de post-dilatation, et d'utiliser les snares prudemment avec une attention à la prévention du risque thrombotique.
TAVI

Le Capitaine Crochet a-t-il encore frappé ?

Cédric DELHAYE · 2022

Cette présentation met en lumière une complication rare mais redoutée lors des procédures de TAVI, à savoir l’embolisation d’une prothèse auto-expansible chez un patient porteur d’une valve bicuspide. À travers le cas clinique détaillé d’un homme de 84 ans, l’orateur décrit avec précision le déroulement de l’intervention, les caractéristiques anatomiques spécifiques, ainsi que les différents temps de la procédure, notamment la pose de la première valve, la post-dilatation et la survenue de l’embolisation. L’analyse des images peropératoires et l’explication technique des manœuvres employées illustrent à la fois la complexité et la technicité requises dans ces situations délicates. Un élément central de cette intervention est la gestion percutanée de la valve embolisée dans la crosse aortique, sans recours à une chirurgie urgente. Le recours aux snares pour maintenir la prothèse déplacée et permettre la pose d’une seconde valve plus large souligne l’importance d’une maîtrise avancée des outils endovasculaires. La description détaillée de la difficulté à franchir la première valve pour positionner la seconde témoigne des défis techniques majeurs rencontrés et des stratégies adaptatives mises en œuvre par l’équipe opératoire. Ces efforts ont permis de stabiliser la nouvelle valve tout en limitant les fuites paravalvulaires. Au-delà de la simple narration de la procédure, cette conférence propose une réflexion approfondie sur les causes potentielles de l’embolisation. L’erreur de sizing et surtout la technique de retrait du ballon lors de la post-dilatation sont pointées comme des facteurs favorisant cet événement indésirable. Le concept d’effet « pied-de-biche » lié à la configuration anatomique très horizontale de la crosse est un enseignement clé, appelant à une vigilance accrue lors du retrait du cathéter guide. La variabilité des mesures scannographiques sur l’anneau aortique chez ce patient illustre également la difficulté du sizing dans des cas complexes, comme chez les valves bicuspides avec calcifications. Enfin, la conférence se conclut par une mise en perspective des leçons pratiques à retenir pour améliorer la sécurité des procédures TAVI. La prudence dans le sizing, la méthode recommandée pour le retrait du guide lors des post-dilatations, ainsi que l’utilisation raisonnée et technique des snares en tenant compte du risque thrombotique sont autant d’éléments qui renforcent la qualité des soins. Ce retour d’expérience, fondé sur une complication rare mais grave, enrichit la connaissance collective des équipes interventionnelles et contribue à l’optimisation des protocoles dans des contextes anatomiques difficiles.