La conférence met en lumière l’évolution encore lente de la réduction des durées d’hospitalisation après une procédure de TAVI (implantation de valve aortique par cathéter) en France. Malgré une nette diminution des complications et de la mortalité, la durée médiane de séjour reste relativement longue, avec une grande variabilité entre les centres. Cette disparité s’explique notamment par des habitudes organisationnelles propres à chaque établissement, des complications vasculaires et conductives fréquentes, mais aussi des facteurs logistiques. L’expérience de Rouen illustre toutefois une tendance à réduire ce délai, avec une médiane à deux jours et plus de 80 % des patients sortant dans les trois jours suivant l’intervention.
L’orateur insiste sur l’importance d’adopter des protocoles et des stratégies validées, s’inspirant notamment des expériences canadiennes et italiennes, où des sorties précoces dans les 24 à 48 heures sont envisageables chez une sélection rigoureuse de patients sans complications majeures. La sélection repose sur une analyse fine de l’état clinique, de l’électrocardiogramme pré- et post-interventionnel, tout en prenant en compte les troubles conductifs qui représentent un obstacle majeur à la sortie rapide. Une coordination organisée, avec un rôle clé des médecins, infirmières et coordinateurs, permet de préparer les patients en amont et de faciliter une mobilisation précoce, évitant ainsi la perte d’autonomie.
Par ailleurs, la réduction des complications vasculaires, grâce à une meilleure imagerie préopératoire et des techniques de ponction ciblées, est cruciale pour améliorer la sécurité d’un protocole ambulatoire. L’importance d’une surveillance post-interventionnelle adaptée, en particulier pour dépister précocement les troubles du rythme, est également soulignée afin d’éviter des hospitalisations prolongées inutiles. L’orateur évoque enfin des études en cours en France et en Europe visant à former les centres à ces protocoles optimisés et à évaluer l’impact d’une prise en charge organisée sur la réduction des durées de séjour.
En conclusion, l’intervenant suggère que le TAVI en ambulatoire, bien que encore modeste en France aujourd’hui, constitue une voie d’avenir réaliste grâce aux progrès réalisés dans la sélection des patients, la gestion des complications et l’organisation logistique du parcours de soins. Le développement et la diffusion des bonnes pratiques sont essentiels pour faire progresser la sécurité et la qualité de cette prise en charge, et ainsi ouvrir la porte à des sorties à très court terme pour certains patients, optimisant à la fois leur confort et l’utilisation des ressources hospitalières.