Présentation d'un cas complexe de fracture de stent coronaire compliquée par un pseudoanévrisme septicémique géant, avec une prise en charge innovante par implantation endovasculaire d'une prothèse de CIA sous contrôle multimodal.

Les 3 points clés

  • Fractures de stents coronaires peuvent provoquer des complications graves comme des pseudo-anévrismes et nécessitent souvent un traitement chirurgical, ce qui peut être contre-indiqué chez certains patients.
  • L'imagerie multimodale est essentielle pour diagnostiquer et comprendre les complexités des complications post-stents, notamment les fractures et leurs conséquences.
  • La gestion des pseudo-anévrismes géants et des fractures de stents nécessite une approche multidisciplinaire et parfois des interventions innovantes comme l'implantation de prothèses endovasculaires lorsque la chirurgie n'est pas possible.
Bar à cas

Apocalypse Now

Lionel MANGIN · 2022

Ce cas clinique met en lumière la complexité de la prise en charge d’une fracture de stent coronaire associée à un pseudoanévrisme septique géant, une complication rare mais potentiellement fatale. Le patient, un homme âgé de 80 ans avec des antécédents lourds (diabète, BPCO, antécédents chirurgicaux vasculaires et coronariens), s’est présenté dans un état de choc septique suite à un infarctus du myocarde tardivement pris en charge. La coronarographie a révélé une occlusion intra-stent de la coronaire droite, compliquée par la formation d’un volumineux pseudoanévrisme accompagné d’un hématome compressif. Cette entité pathologique a été identifiée grâce à une imagerie multimodale incluant PET scan, échographie, et scanner thoracique, permettant une compréhension précise des rapports anatomiques et de la physiopathologie. La littérature sur les fractures de stent coronaire souligne une variabilité importante dans l’incidence et la gravité de ces complications, notamment en fonction du type de stent, de sa localisation et des facteurs mécaniques comme les calcifications, la tortuosité artérielle ou les post-dilatations agressives. Dans ce cas précis, la fracture complète avec déplacement du stent a participé à la genèse d’un pseudoanévrisme infectieux, dont l’évolution spontanée est souvent défavorable. La prise en charge chirurgicale étant contre-indiquée à cause du terrain fragile du patient, une alternative endovasculaire innovante a été proposée. Cette approche a consisté en l’implantation d’une prothèse de fermeture d’orifice interauriculaire (CIA) sous contrôle échographique et scanner afin d’obturer la brèche circulante à la base de l’aorte, évitant ainsi le risque de rupture et d’hémorragie massive. L’intervention a nécessité une collaboration multidisciplinaire rigoureuse impliquant cardiologues interventionnels, radiologues et chirurgiens vasculaires, et s’est déroulée avec un suivi rigoureux permettant de confirmer l’efficacité du geste. Malgré une complication initiale avec un nouvel infarctus du ventricule droit, l’état clinique du patient s’est amélioré de manière significative. Le contrôle à deux mois a montré la stabilisation de l’hématome et l’absence de circulation anormale dans le pseudoanévrisme, avec une évolution clinique favorable et un retentissement fonctionnel modéré. Cette présentation illustre l’importance d’une prise en charge personnalisée et innovante dans les cas complexes d’atteinte coronaire avec complication infectieuse, soulignant l’apport essentiel des techniques d’imagerie avancées et des stratégies endovasculaires alternatives lorsque la chirurgie est contre-indiquée. Elle ouvre également la voie à une réflexion plus large sur la surveillance et le traitement des fractures de stent, en particulier lorsque celles-ci sont sources d’anévrysmes septiques, rappelant la nécessité d’une collaboration étroite et d’un partage d’expertise pour gérer ces situations rares mais extrêmement délicates.