Cette conférence présente le cas clinique d’une patiente de 75 ans ayant présenté une dissection aortique type A traitée chirurgicalement par mise en place d’un tube en Dacron supracoronaire, suivie d’une plastie aortique valvulaire. Plusieurs années plus tard, la patiente a développé une insuffisance aortique importante symptomatique, associée à une dissection résiduelle du culot aortique, ainsi qu’à des douleurs thoraciques et un essoufflement. L’examen échographique montre une insuffisance valvulaire majeure avec une fonction ventriculaire altérée, mais l’imagerie échographique transœsophagienne reste peu informative, notamment en raison d’une calcification importante.
Face à cet aspect complexe, le recours à un scanner thoracique a permis une analyse détaillée de la morphologie aortique et du tube en Dacron implanté antérieurement. Cette imagerie a révélé une dissection chronique calcifiée résiduelle dans le culot aortique et une invagination liée à la présence du tube synthétique, complexifiant la prise en charge. Devant la symptomatologie sévère et le risque opératoire élevé chez cette patiente fragile, une stratégie interventionnelle par implantation transcatheter de valve aortique (TAVI) de type auto-expansible, choisie pour sa possibilité de repositionnement, a été retenue. L’implantation a été réalisée de manière prudente, avec une position volontairement basse de la valve pour éviter toute interférence avec le tube en Dacron.
Le suivi post-procédure a soulevé une nouvelle inquiétude : la patiente a présenté une douleur thoracique intense dès le lendemain. Un scanner a alors mis en évidence un important thrombus en regard de la valvule implantée, sans atteinte coronaire ni signes de complication aiguë majeure. La patiente a été mise sous anticoagulants pendant trois mois, permettant une régression nette de ce thrombus, confirmée lors du contrôle par imagerie, et un bon fonctionnement de la valve. Ce cas illustre l’importance cruciale d’une analyse multimodale fine des images avant et après intervention, ainsi que la nécessité d’une réflexion multidisciplinaire et d’une certaine audace dans le choix des modalités thérapeutiques pour des cas aussi complexes, alliant pathologies aortiques chroniques et difficultés techniques liées aux dispositifs implantés.