Laurent Macron met en avant l’importance du scanner cardiaque dans l’évaluation et la stratification du risque chez les patients coronariens, symptomatiques ou non, en soulignant ses indications validées, son rôle dans le suivi après revascularisation et son potentiel pour guider une prise en charge personnalisée selon le phénotype athéromateux.

Les 3 points clés

  • Le scanner cardiaque est une méthode validée et recommandée pour l’évaluation diagnostique et pronostique chez les patients coronariens symptomatiques, avec un rôle clé dans l’identification des lésions à risque.
  • Le scanner permet une évaluation précise chez les patients déjà revascularisés, notamment pour analyser la perméabilité des pontages et détecter la restenose intrasteinte.
  • L’avenir du scanner réside dans la stratification du risque, notamment chez les patients asymptomatiques, en identifiant différents phénotypes d’athérosclérose et en guidant une prise en charge personnalisée basée sur la charge athéromateuse et l’inflammation coronarienne.
Le CT pour l'interventionnel

Bonnes indications, bonnes acquisitions, bonnes décisions

Laurent MACRON · 2025

Laurent Macron propose une mise au point claire et actualisée sur les recommandations essentielles concernant l’usage du scanner coronarien, particulièrement dans la prise en charge des patients symptomatiques présentant une probabilité faible ou intermédiaire de maladie coronaire. Il précise que cet examen d’imagerie anatomique est désormais de première ligne, notamment lorsque les tests fonctionnels d’ischémie sont non concluants. L'orateur insiste sur l’importance d’une préparation rigoureuse du patient pour garantir une acquisition d’image optimale, en veillant à contrôler la fréquence cardiaque, administrer des nitrés et s’attacher à la synchronisation des acquisitions avec l’apnée. Ces étapes sont cruciales pour obtenir une résolution suffisamment fine permettant de visualiser les lésions coronaires et leurs caractéristiques. L’utilisation du scanner chez les patients déjà revascularisés constitue un autre point majeur de cette présentation. Macron explique que le scanner permet aujourd’hui d’évaluer la perméabilité des pontages chirurgicaux ainsi que des stents coronaires, bien que la technique reste exigeante et nécessite des protocoles optimisés. Il souligne la valeur discriminante du scanner pour analyser les anastomoses et le lit d’aval, ainsi que pour détecter d’éventuelles restenoses intrastent. Toutefois, il rappelle les limitations toujours présentes liées à la taille des stents, à la génération des appareils utilisés et aux difficultés d’interprétation des images endoluminales parfois sujettes à artefacts. Au-delà de ces applications classiques, l’orateur ouvre une perspective novatrice qui consiste à utiliser le scanner comme un véritable outil de stratification du risque cardiovasculaire. Plus de la moitié des patients examinés sont aujourd’hui asymptomatiques et bénéficient d’un dépistage fondé sur la quantification et la caractérisation précise de l’athérosclérose visible en imagerie. Ce changement de paradigme, passant d’une approche basée uniquement sur les facteurs de risque traditionnels à une évaluation directe de la maladie coronarienne initiale, permet une meilleure personnalisation du suivi et du traitement. Macron aborde notamment l’importance des critères morphologiques et des marques de vulnérabilité des plaques athéromateuses, telles que l’inflammation péricoronaire, qui constituent des prédicteurs robustes d’événements cardiovasculaires. Enfin, il insiste sur le potentiel du scanner à guider des stratégies thérapeutiques adaptées aux profils athéromateux détectés, tout en appelant à la poursuite des études longitudinales pour valider ces approches dynamiques et personnalisées.