Présentation des inhibiteurs de myosine comme nouvelle thérapie efficace pour réduire le gradient d'obstruction et améliorer les symptômes chez les patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique obstructive, avec une diminution notable des indications pour l'alcoolisation septale.

Les 3 points clés

  • Les inhibiteurs de myosine, tels que le Mavacantem et la Psychantème, représentent une nouvelle classe thérapeutique efficace pour réduire le gradient d'obstruction et améliorer les symptômes chez les patients avec cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMH).
  • Les bêta-bloquants restent le traitement de première intention recommandé en 2023, mais les inhibiteurs de myosine s'imposent en deuxième intention et permettent de diminuer significativement le besoin en alcoolisation septale.
  • La surveillance et l'adaptation des doses des inhibiteurs de myosine, ainsi que la gestion des interactions médicamenteuses, sont essentielles pour assurer l'efficacité et la sécurité du traitement chez les patients symptomatiques.
Pharm'APPAC

CMO : j'arrête l'alcool

Eve Cariou · 2026

Les inhibiteurs de myosine représentent une avancée majeure dans la prise en charge de la cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMH), en offrant une alternative prometteuse aux interventions invasives traditionnelles telles que l’alcoolisation septale. Ces médicaments ciblent spécifiquement les anomalies moléculaires responsables de la maladie, notamment la suractivité des ponts actine-myosine, qui conduit à une hypercontractilité du muscle cardiaque, à l’obstruction du flux ventriculaire et à une mauvaise relaxation cardiaque. En réduisant cette hypercontractilité, ces agents permettent de diminuer significativement le gradient d’obstruction intra-ventriculaire, améliorant ainsi les symptômes tels que la dyspnée, la fatigue ou les palpitations. Les études cliniques menées, notamment l’essai Explorer avec le Mavacamten et l’étude MAPL-CMH avec la Psychantème, ont démontré une amélioration significative de la capacité fonctionnelle, mesurée par la VO2max, ainsi que du classement fonctionnel NYHA des patients. Ces traitements ont également permis une réduction des épisodes de reflux mitral par le mouvement systolique antérieur (SAM), contribuant à une amélioration globale de la fonction cardiaque. De plus, l’utilisation prolongée de ces inhibiteurs s’associe à une diminution du volume atrial gauche et à une réduction du risque rythmique, même si l’impact sur la mortalité reste à confirmer à plus long terme. Cette nouvelle thérapeutique modifie profondément la stratégie de traitement en cardiologie interventionnelle, avec un net recul des indications à l’alcoolisation septale. En effet, les données montrent qu’après environ trois ans de traitement, une grande majorité des patients initialement éligibles à cette procédure invasive ne nécessite plus d’intervention, car leurs symptômes et le gradient obstructif sont stabilisés ou améliorés. Le profil pharmacologique et les interactions médicamenteuses spécifiques, notamment pour le Mavacamten, nécessitent une surveillance attentive et une adaptation posologique rigoureuse, nécessitant un suivi échographique rapproché. Enfin, l’apparition de ces traitements s’inscrit dans un cadre où les bêta-bloquants et inhibiteurs calciques bradycardisants restent en première intention, mais désormais complétés par un traitement ciblé sur la cause moléculaire de la CMH obstructive. Cette approche intégrée ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques, offrant aux patients une meilleure qualité de vie, avec un contrôle accru des symptômes et une réduction des procédures invasives, un changement important dans le parcours de soin des patients atteints de cette pathologie cardiaque complexe.