Le cardiologue interventionnel doit sélectionner les patients atteints d'insuffisance mitrale en se basant sur la physiopathologie, l'anatomie valvulaire et les critères d'imagerie, en privilégiant le traitement chirurgical pour la majorité, la réparation percutanée par mitraclip ou PASCAL pour les profils adaptés, et l'implantation de prothèses mitrales percutanées réservée à une minorité soigneusement évaluée par scanner.

Les 3 points clés

  • La sélection des patients pour le traitement de l'insuffisance mitrale repose sur la physiopathologie, l'anatomie valvulaire et les critères d'imagerie, avec une prédominance du traitement chirurgical.
  • Le traitement percutané par mitraclip ou PASCAL est réservé aux patients inopérables avec une bonne surface valvulaire, une pathologie centrale en A2-P2, et un défaut de coaptation adapté.
  • L'implantation de prothèses mitrales percutanées est limitée à une minorité de patients sélectionnés rigoureusement par scanner pour éviter le risque d'obstruction de la chambre de chasse et d'embolisation.
Structurel non TAVI

La valvulopathie mitrale expliquée à l'interventionnel

Yoan LAVIE BADIE · 2025

Cette présentation offre une analyse claire et pragmatique des options thérapeutiques actuelles pour l’insuffisance mitrale, en insistant sur la centralité de la sélection rigoureuse des patients. Après avoir rappelé les bases anatomiques et physiopathologiques essentielles, notamment la notion de coaptation des feuillets mitraux, le conférencier distingue deux grandes catégories d'insuffisance mitrale : la forme primaire, liée à une altération structurelle propre de la valve, et la forme secondaire, résultant d'un remodelage ventriculaire ou atrial entraînant un défaut passif de coaptation. Cette classification conditionne directement le choix du traitement, qu’il soit chirurgical, percutané par réparation bord à bord, ou prothétique. L’accent est mis sur la collaboration étroite entre cardiologues interventionnels et experts en imagerie, particulièrement avec l’utilisation d’une échocardiographie tridimensionnelle standardisée. Cette imagerie permet une navigation précise dans la valve mitrale et un langage commun indispensable pour guider les procédures. La réparation percutanée via les dispositifs mitraclip ou PASCAL est présentée comme une technique efficace, privilégiée chez les patients présentant un défaut central accessible, une surface valvulaire suffisante et un espace favorable dans l’oreillette gauche permettant la manipulation du dispositif. Ce traitement, déjà remboursé dans certains contextes, offre une alternative lorsque la chirurgie n’est pas envisageable, avec des taux de succès élevés dans les formes simples. Pour les cas plus complexes, notamment ceux présentant des prolapsus étendus, calcifications ou anatomies défavorables, la prothèse mitrale percutanée constitue une option prometteuse mais encore limitée par des critères anatomiques stricts et des contraintes économiques. Le scanner joue ici un rôle essentiel dans la sélection, permettant des mesures précises de l’anneau mitral et une simulation afin de réduire le risque majeur d’obstruction de la chambre de chasse. Toutefois, ces contraintes techniques et financières font que la majorité des patients ne sont pas éligibles à ce type de traitement, qui reste réservé aux centres expérimentés et aux cas difficiles. Enfin, la conférence conclut sur l’importance de la chirurgie cardiaque comme traitement de référence en 2025, soulignant que les interventions percutanées doivent être intégrées en fonction des profils cliniques et anatomiques spécifiques, dans une démarche multidisciplinaire. Cette évolution progressive des indications reflète à la fois les avancées technologiques et la complexité intrinsèque de la pathologie mitrale, où la personnalisation des stratégies thérapeutiques demeure la clé d’un succès durable.