L'angioplastie guidée par imagerie intracoronaire (IVUS) en 2026 montre un bénéfice durable surtout pour les lésions complexes, à condition d’appliquer rigoureusement un protocole d’optimisation pré- et post-procédural.

Les 3 points clés

  • L'angioplastie guidée par IVUS montre un bénéfice durable à 5 ans, particulièrement pour les lésions complexes comme les occlusions chroniques, le tronc commun, et les lésions longues ou calcifiées.
  • Des études récentes (Aevus Chip, Optimal) montrent des résultats neutres en pratiques modernes, soulignant l'importance d'une préparation rigoureuse et d'une optimisation complète des critères en angioplastie sous IVUS.
  • L'application stricte d'un protocole rigoureux d'analyse avant et après PCI est essentielle pour éviter des complications comme la malapposition, et l'IVUS reste un outil incontournable, surtout pour les lésions complexes et les opérateurs moins expérimentés.
L'imagerie dans tous ses états

La place de l'IVUS

Gaël Bouchou · 2026

Depuis près de vingt-cinq ans, l'angioplastie guidée par imagerie intracoronaire (IVUS) s'impose comme une technique précieuse pour optimiser les résultats des interventions coronaires, surtout dans le cadre des lésions complexes. Les essais cliniques randomisés accumulés depuis les années 2000 ont démontré un bénéfice évident, en particulier en termes de réduction des événements indésirables cardiovasculaires majeurs tels que les thromboses ou les resténoses. Cependant, les publications scientifiques récentes de 2026 soulignent une attention renouvelée quant au strict respect des protocoles pré- et post-procéduraux, condition sine qua non pour garantir une optimisation fine, notamment de la surface minimale d'apposition (MSA) ainsi que de l’absence de malapposition ou de dissection des bords des stents. En effet, les résultats à 5 ans issus de l’étude Renovate confirment que ce bénéfice est durable, particulièrement pour des lésions complexes comme les occlusions chroniques, les lésions longues, calcifiées, ou touchant le tronc commun. Toutefois, des études comme Aevus Chip ou Optimal, récentes et conduites auprès d’opérateurs expérimentés, montrent des résultats plus mitigés voire neutres sur certains critères composites, soulevant la question de l’utilisation généralisée d’IVUS dans toutes les situations. Ces recherches dévoilent notamment un déficit dans la réalisation systématique de runs intracoronaires pré-interventionnels, ce qui limite la capacité d’optimiser pleinement le déploiement des stents. Une analyse fine des données suggère que seuls les cas où l’ensemble des critères d’optimisation est scrupuleusement respecté bénéficient d’un risque quasi nul de complications à moyen terme. Ce constat invite à une remise en question des pratiques courantes et à une rigueur accrue dans l’application des protocoles. Au CHU de Saint-Étienne, l'expérience illustrée reflète parfaitement cette démarche stricte et méthodique. L'utilisation d’un algorithme précis d’analyse pré- et post-angioplastie, incluant des runs adaptés aux branches affectées, permet d’anticiper les pièges anatomiques, comme la présence de zones dystrophiques qui pourraient compromettre la pose optimale du stent. L’exemple clinique commenté met en avant la nécessité d’adapter la stratégie interventionnelle en fonction de l’imagerie pour garantir une expansion adéquate, éviter les malpositions et corriger rapidement les zones problématiques, illustrant ainsi les bénéfices de l’IVUS dans la prise en charge des lésions coronaires complexes. En conclusion, l’angioplastie guidée par IVUS en 2026 demeure un outil incontournable dans le traitement des lésions coronaires complexes. Néanmoins, la qualité des résultats repose avant tout sur la rigueur dans l’application des protocoles d’optimisation détaillés, ainsi que sur une utilisation judicieuse, surtout chez les opérateurs aux compétences étendues. Les récentes preuves scientifiques invitent donc à privilégier une approche ciblée et réfléchie de cette technologie, afin d’en maximiser l’efficacité tout en évitant un recours systématique et non adapté pour les lésions moins complexes.