La prise en charge par TAVI chez les patients à partir de 70 ans pose de nombreuses questions, notamment en raison de la variabilité clinique et anatomique observée dans cette population. En effet, l’âge seul ne suffit pas pour décider d’un traitement par TAVI, car l’anatomie, la présence de bicuspidie, la calcification ainsi que les comorbidités influencent fortement la stratégie optimale. La sélection rigoureuse des patients est donc indispensable pour privilégier ceux bénéficiant d’une valve tricuspide avec une anatomie favorable, afin d’assurer un résultat immédiat optimal et minimiser les complications. L’objectif est de maximiser la durabilité de la prothèse, faciliter les futures interventions et permettre un bon réaccès coronaire, compte tenu du fait qu’une espérance de vie de 12 à 15 ans implique souvent plusieurs réinterventions.
La durabilité des prothèses TAVI repose sur plusieurs facteurs, tant liés aux caractéristiques du patient qu’à la procédure elle-même. Par exemple, certains profils, comme les patients avec insuffisance rénale, sont plus susceptibles de dégénérescence de la bioprothèse. Du côté procédural, il est primordial d’assurer une bonne expansion de la valve, un alignement commissural correct et une implantation avec une profondeur adaptée. La sous-expansion est un problème fréquent et reconnu comme facteur de dysfonctionnement et de dégénérescence prématurée des valves. Des techniques comme la post-dilatation, voire la post-dilatation retardée, sont proposées pour améliorer l’expansion et réduire les risques de panne prématurée, notamment en utilisant un ballon de taille adaptée selon la prothèse implantée. L’alignement commissural joue également un rôle essentiel pour limiter les contraintes mécaniques sur les feuillets et garantir un accès coronaire plus facile à long terme.
Le challenge après 70 ans inclut aussi l’anticipation des procédures de réintervention, telles que le “TAVI dans TAVI”. Des cas cliniques illustrent bien la complexité de ces situations, où il faut simuler plusieurs stratégies possibles en fonction de l’anatomie et des risques associés. Favoriser un positionnement optimal et une bonne préparation de l’implantation permet de ralentir la dégénérescence et d’assurer un bon fonctionnement hémodynamique même plusieurs années après. Avec le développement de nouvelles technologies et la montée en expérience des équipes, ces procédures deviennent de plus en plus sûres et efficaces, offrant aux patients une meilleure qualité de vie et des options thérapeutiques adaptées à long terme.
En conclusion, le TAVI à partir de 70 ans est tout à fait envisageable mais nécessite une approche personnalisée et méthodique. La clé du succès réside dans l’optimisation initiale du positionnement et de la prothèse, la prise en compte des risques de sous-expansion, le maintien d’un accès coronaire permanent ainsi que l’anticipation des interventions futures. Ces éléments permettent non seulement d’améliorer la durabilité de la valve implantée mais aussi de garantir que les patients bénéficieront de traitements efficaces et sécurisés tout au long de leur parcours de soin, même en cas de réintervention plusieurs années après le premier TAVI.