La conférence détaille les avancées interventionnelles dans le traitement de la valvulopathie tricuspide, en insistant sur l’importance de l’imagerie pour la sélection des patients, la stratégie thérapeutique et le guidage des procédures de réparation ou de remplacement percutané.

Les 3 points clés

  • La valvulopathie tricuspide, autrefois négligée, est désormais une cible interventionnelle grâce au développement de dispositifs percutanés qui améliorent la qualité de vie des patients à haut risque chirurgical.
  • L'imagerie, notamment l'échographie et le scanner, est essentielle pour analyser la valve tricuspide, identifier le mécanisme de l'insuffisance et orienter la stratégie thérapeutique entre réparation bord à bord ou remplacement percutané.
  • Il est crucial de traiter la valvulopathie tricuspide avant qu'elle n'atteigne un stade trop avancé avec dysfonction ventriculaire droite sévère, pour garantir un bénéfice thérapeutique optimal et éviter la futilité des interventions.
Structurel non TAVI

La valvulopathie tricuspide expliquée à l'interventionnel

Anissa Bouali · 2026

La valvulopathie tricuspide, longtemps considérée comme la « valve oubliée », connaît aujourd’hui une révolution grâce aux progrès des techniques interventionnelles percutanées. Cette pathologie, particulièrement fréquente chez les patients âgés, est associée à une surmortalité significative, que l’insuffisance soit isolée ou associée à une cardiopathie gauche. La conférence met en lumière cette évolution en insistant sur le fait que la valve tricuspide est désormais une véritable cible thérapeutique, avec un arsenal d’options percutanées qui s’adresse à une population souvent à haut risque chirurgical. Cette avancée est notamment portée par les dispositifs de réparation bord à bord tels que le TriClip ou le Pascal, ainsi que par les valves percutanées comme l’Evoque, dont l'efficacité a été démontrée par plusieurs essais cliniques majeurs. L’une des clés du succès de ces interventions réside dans l’utilisation avancée de l’imagerie multimodale. Les outils d’échographie interventionnelle permettent une analyse fine de l’anatomie complexe de la valve tricuspide, qui présente une grande variabilité, tant au niveau des feuillets que de l’appareil sous-valvulaire et de l’anneau en forme de selle. Cette cartographie précise est indispensable pour comprendre les mécanismes de l’insuffisance, qu’elle soit primaire, secondaire ou liée à la présence de sondes cardiaques. Ce diagnostic différencié guide ensuite le choix thérapeutique entre réparation et remplacement, ainsi que le moment opportun pour intervenir, afin d’éviter une prise en charge trop tardive qui limiterait l’efficacité du traitement. Le conférencier souligne également la nécessité d’une approche personnalisée où la sélection rigoureuse des patients est primordiale. Pour la réparation percutanée, la configuration anatomique de la valve et le degré de restriction des feuillets conditionnent la faisabilité et le pronostic de la procédure. En cas de certaines formes complexes ou avancées d’insuffisance, le remplacement valvulaire percutané constitue une alternative validée, sous réserve d’un sizing adéquat grâce au scanner et d’une bonne fonction ventriculaire droite. Le suivi échographique en temps réel joue un rôle crucial durant ces interventions, notamment pour optimiser la pose des implants et évaluer la réduction de la fuite valvulaire. Enfin, l’objectif ultime de ce continuum de prise en charge est d’améliorer la qualité de vie des patients, de réduire les hospitalisations et de prolonger la survie. En insistant sur le message de traitement précoce avant l’apparition de complications sévères, cette conférence offre une vision claire et pratique des nouvelles possibilités thérapeutiques dans la valvulopathie tricuspide, illustrées par des cas cliniques et des images interventionnelles précises. Elle pose ainsi les bases indispensables pour intégrer ces innovations dans les recommandations cliniques et améliorer la prise en charge globale de cette pathologie longtemps sous-estimée.