Cette présentation met en lumière un cas clinique particulièrement complexe, celui d’un patient de 72 ans présentant un syndrome coronarien aigu associé à une insuffisance rénale sévère dont le débit de filtration glomérulaire est très bas. Ce contexte clinique impose une approche interventionnelle délicate afin de limiter au maximum l’utilisation de produit de contraste iodé, habituellement nécessaire en cardiologie interventionnelle, mais particulièrement risqué ici car susceptible d'aggraver l’insuffisance rénale. L’orateur détaille les diverses lésions coronaires observées, notamment des sténoses serrées au niveau des ostiums des artères circonflexe et interventriculaire antérieure (IVA), avec une anatomie complexe marquée par des calcifications et une configuration vasculaire défavorable.
Pour pallier ces contraintes, la stratégie thérapeutique repose sur le recours à l’échographie endocoronaire (IVUS) qui permet une visualisation interne précise des lésions et guide l’intervention sans recourir à une utilisation excessive de produit de contraste. L’intervention s’effectue via une voie radiale, avec pose de deux stents selon une technique en crush afin d’assurer une prise en charge complète des sténoses ostiales. La qualité d’image obtenue avec l’échographie endocoronaire est suffisante pour réaliser la planification, les contrôles et l’optimisation des stents, tout en minimisant les risques néphrotoxiques. Le processus est illustré par plusieurs séquences échographiques et angiographiques permettant de suivre le déroulement de la procédure et de documenter son succès.
Au-delà du geste technique, la conférence souligne l’importance d’une approche multidisciplinaire, notamment la collaboration étroite avec la néphrologie, qui a permis de considérer les meilleures options de prise en charge rénale du patient et d’adapter la procédure en fonction des contraintes spécifiques liées à sa pathologie rénale avancée. Les résultats cliniques sont rassurants : le patient ne présente pas de complications cardiaques immédiates, son insuffisance rénale ne s’aggrave pas, et une dialyse péritonéale sera mise en place dans les mois suivants. Ce cas illustre ainsi comment l’utilisation ciblée de technologies d’imagerie intravasculaires peut permettre de repousser les limites des interventions coronariennes chez des patients à haut risque.