L'analyse minutieuse du scanner pré-procédural, en particulier le sizing, l'évaluation des axes vasculaires et la détection des thrombus muraux, permet d'anticiper et de réduire significativement les complications liées au TAVI.

Les 3 points clés

  • Une analyse minutieuse du scanner pré-procédural, notamment le sizing, l'évaluation des axes vasculaires et la détection des thrombus muraux, permet d'anticiper efficacement les complications liées au TAVI.
  • La tortuosité et la calcification des axes vasculaires sont des facteurs majeurs de complications locales, tandis que la présence de thrombus muraux sévères élève considérablement le risque d'accidents emboliques post-procéduraux.
  • Il est crucial de passer du temps à l'analyse du scanner en se concentrant sur le sizing, les axes et la zone de ponction, en évitant les voies avec thrombus muraux sévères, et en croisant les expertises pour optimiser la prévention des complications.
Structurel TAVI

Comment anticiper et éviter les complications ?

Pierre LANTELME · 2025

Cette intervention met en lumière l'importance cruciale d'une préparation minutieuse pour anticiper et éviter les complications liées aux procédures TAVI. Pierre Lantelme insiste d'abord sur la nécessité d'une analyse rigoureuse des scanners préprocéduraux, notamment à travers le phénotypage valvulaire et la prise en compte des axes vasculaires. Il souligne que cette étape ne doit pas se limiter au sizing valvulaire, mais inclure systématiquement l’étude des trajectoires vasculaires, souvent sous-estimée, pourtant déterminante pour évaluer la navigabilité des prothèses et prévenir des incidents périproceduraux majeurs. L’orateur présente une approche empirique et pragmatique, basée sur la classification des facteurs d’hostilité vasculaire et valvulaire, qui permet de stratifier les patients selon la présence ou non de tortuosités, calcifications ou autres anomalies. Cette gradation se révèle très utile pour estimer la complexité de la procédure, la durée d’intervention et, surtout, le risque accru de complications telles que les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Lantelme souligne ainsi l’impact majeur des tortuosités et des plaques thrombotiques murales, lesquelles constituent aujourd’hui des pièges majeurs, difficiles à franchir sans risque et qui nécessitent parfois de reconsidérer la voie d’abord. Une attention particulière est également portée à la gestion des thromboses murales, décrites comme une source de complications emboliques sévères et souvent tardives. En l’absence de solution préventive efficace, la détection systématique de ces thrombus impose, selon l’orateur, une prise de décision prudente pouvant conduire à privilégier des voies d’abord alternatives. Il rappelle l’importance de ne pas négliger la sélection de la zone de ponction, étape finale de cette évaluation complète, afin d’optimiser les résultats. En conclusion, la clé d’une bonne prévention réside dans le temps consacré à l’analyse exhaustive des scanners, en croisant les expertises multidisciplinaires. Lantelme insiste sur l’importance de cette collaboration dans un contexte où plusieurs regards complémentaires permettent de détecter au mieux les anomalies et ainsi d’adapter la stratégie interventionnelle. Cette démarche rigoureuse contribue à réduire significativement le taux de complications, garantissant une meilleure sécurité et efficacité des procédures TAVI.