Présentation d’un cas complexe d’anévrysme coronaire géant traité par une technique hybride de coiling assisté par stenting en collaboration avec des neuroradiologues, soulignant les défis et les choix techniques pour préserver la fonction coronaire.

Les 3 points clés

  • La pelote béarnaise désigne un anévrysme coronaire géant à l'IVA proximale, découvert chez un patient asymptomatique et à risque, posé au cas par cas pour le traitement.
  • Le traitement hybride de coiling assisté par stenting, réalisé en collaboration avec des neuroradiologues interventionnels, est adapté pour ce type de cas complexe et technique.
  • Le suivi post-procédure montre une endothélialisation progressive du stent sur plusieurs mois, soulevant la question de la durée optimale de la double anti-agrégation plaquettaire (DAPT).
Le musée des horreurs

La pelote béarnaise

Raphael Lasserre · 2026

Cette présentation explore un cas clinique particulièrement complexe et rare : un anévrysme coronaire géant chez un patient asymptomatique, traité par une approche innovante combinant techniques de cardiologie interventionnelle et neuroradiologie interventionnelle. Le patient, suivi initialement pour une maladie coronarienne, voit sa lésion évoluer lentement sur près d'une décennie avant que l’équipe médicale ne décide d’intervenir. La nature et la localisation délicate de cet anévrysme, à proximité du tronc commun de l’IVA, rendent sa prise en charge particulièrement périlleuse, notamment en raison du risque de compromettre des branches coronaires vitales. L’orateur détaille les différentes options thérapeutiques envisagées, mettant en lumière les difficultés techniques et les limites des solutions classiques, telles que la pose de stents couverts ou les techniques plus connues en neuroradiologie comme les stents flow diverter, qui ne sont pas encore validées en milieu coronaire. C’est finalement la technique hybride de coiling assisté par stenting, réalisée en collaboration avec des neuroradiologues spécialisés, qui est choisie. Ce choix repose sur la nécessité d’assurer à la fois la stabilité du matériel et la protection des vaisseaux adjacents, tout en maintenant la fonction coronaire. Le procédé est décrit en détails, depuis la modulation des micro cathéters jusqu’à la distribution précise de longues spires de coil dans l’anévrysme, selon une stratégie en couches, afin de remplir progressivement le sac. La gestion méticuleuse de la procédure s’appuie sur un suivi par imagerie intracoronarienne (OCT) pour contrôler l’apposition du stent et la stabilité du coil, où des ajustements sont réalisés en temps réel, notamment pour éviter la perte de branches coronaires essentielles. Le suivi à moyen terme confirme la stabilité de l’embolisation et montre une endothélialisation significative du stent, un élément clé pour la durabilité du traitement. Cette intervention souligne donc non seulement la complémentarité des spécialités et des compétences dans la prise en charge des pathologies complexes, mais aussi l’importance d’une planification précise, d’une technique rigoureuse et d’un suivi prolongé. La discussion finale sur la durée appropriée du traitement antiplaquettaire met également en lumière les défis encore ouverts dans l’optimisation des soins pour ce type de patients, soulignant la nécessité d’une vigilance et d’une démarche individualisée.