Le traitement percutané de l'embolie pulmonaire, en particulier la thrombectomie mécanique et la thrombolyse in situ, offre une alternative prometteuse chez les patients à risque intermédiaire haut ou haut risque avec contre-indication à la thrombolyse, permettant une amélioration rapide des paramètres hémodynamiques sans augmenter significativement les complications hémorragiques.

Les 3 points clés

  • L'embolie pulmonaire à risque intermédiaire haut et haut risque avec contre-indication à la thrombolyse sont les principales indications du traitement percutané, qui vise à améliorer la mortalité stable malgré les traitements actuels.
  • Deux dispositifs majeurs sont utilisés pour le traitement percutané : la thrombolyse in situ par cathéter avec thrombolythique à faible dose et ultrasons, et la thrombectomie mécanique par aspirateur Flow-Triver, chacun ayant ses avantages et limites.
  • L'expérience du centre hospitalier d'Aix montre une amélioration clinique rapide chez les patients traités par thrombectomie mécanique, avec peu de complications, soulignant l'importance d'une coopération multidisciplinaire pour traiter ces cas graves.
L'embolie pulmonaire

Traitement percutané rationnel et expérience

Thibaut Dabry · 2026

L'embolie pulmonaire demeure une pathologie cardiovasculaire grave dont la mortalité, particulièrement élevée chez les patients à risque intermédiaire haut ou à haut risque, n’a que peu évolué ces dernières décennies. Le traitement conventionnel repose principalement sur l’anticoagulation et la thrombolyse, mais ces approches présentent des limites, notamment en cas de contre-indications à la thrombolyse ou chez des patients présentant des critères sévères de dégradation hémodynamique. Dans ce contexte, le traitement percutané se positionne comme une alternative innovante et prometteuse, permettant une amélioration rapide des paramètres cliniques sans majorer le risque hémorragique. Cette stratégie se décline essentiellement en deux grandes techniques : la thrombolyse in situ à faible dose, souvent associée à des ultrasons pour faciliter la lyse du thrombus, et la thrombectomie mécanique par aspiration, qui permet d’extraire directement la charge thrombotique des artères pulmonaires. Le premier dispositif, plus simple et rapide à mettre en œuvre, reste cependant partiellement limité par l'utilisation de thrombolytiques, ce qui peut poser problème chez certains patients. En revanche, la thrombectomie mécanique, bien que plus exigeante en termes de compétences et de durée d’intervention, offre une amélioration spectaculaire et rapide de la fonction cardiorespiratoire, tout en étant actuellement remboursée et donc plus accessible dans la pratique. L’expérience du centre hospitalier d’Aix, centrée principalement sur l’utilisation du système de thrombectomie mécanique FlowTriever, illustre parfaitement ces bénéfices avec des améliorations hémodynamiques rapides, une baisse des besoins en oxygène et une quasi-normalisation des pressions artérielles pulmonaires, sans complications majeures. Cette collaboration étroite entre cardiologues interventionnels, réanimateurs et pneumologues, ainsi qu’avec les centres disposant d’assistance circulatoire, est essentielle pour optimiser la prise en charge des patients les plus sévères et garantir une prise en charge adaptée et sécurisée. Enfin, les données issues des études récentes comme AIPETO confirment l’intérêt potentiel de ces techniques percutanées, même si des essais supplémentaires restent nécessaires pour préciser leur place exacte dans l’arsenal thérapeutique et démontrer un bénéfice en termes de mortalité. Ce champ en pleine expansion s’inspire des avancées majeures réalisées dans la prise en charge des syndromes coronariens aigus et des AVC ischémiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives dans la reperfusion pulmonaire et la réduction du fardeau de l’embolie pulmonaire sévère.