La durabilité des bioprothèses aortiques percutanées dépend de multiples facteurs incluant la dégénérescence, les complications non structurales, les thromboses et endocardites, nécessitant une surveillance régulière basée sur des critères standardisés, une prévention rigoureuse des facteurs de risque cardiovasculaires et une prise en charge multidisciplinaire personnalisée.

Les 3 points clés

  • La durabilité des bioprothèses aortiques percutanées dépend de plusieurs causes de dysfonction, incluant la dégénérescence, les complications non structurales, les thromboses et les endocardites, qui nécessitent une évaluation précise selon des critères standardisés (VARC 3).
  • L'imagerie multimodale joue un rôle clé dans le diagnostic et la surveillance des dysfonctions, permettant de détecter précocement l'évolution vers une défaillance de la bioprothèse, avec une surveillance rapprochée recommandée dès le stade de dysfonction modérée.
  • La prévention des facteurs de risque cardiovasculaires (hypertension, diabète, troubles lipidiques) et de l'endocardite est essentielle, tout comme une prise en charge multidisciplinaire individualisée, incluant une éducation thérapeutique pour optimiser la durabilité et la gestion des patients porteurs de bioprothèses TAVI.
Structurel TAVI

La durabilité

Julien TERNACLE · 2025

Julien Ternacle développe une approche globale de la durabilité des bioprothèses percutanées aortiques, en insistant d’abord sur la nécessité de bien définir ce qu’est la « défaillance » afin d’interpréter correctement les études. Il rappelle que la durabilité se mesure non seulement par l'absence d’une dysfonction hémodynamique importante, mais aussi par l’absence de nécessité de réintervention ou de décès liés à la prothèse. Ces critères, qui regroupent aussi bien des éléments cliniques que techniques, sont fondamentaux pour estimer la longévité réelle de la bioprothèse. L’orateur décrit ensuite les quatre grandes causes principales qui peuvent affecter la fonction de la valve prothétique : la dégénérescence structurale, la dysfonction non structurelle, la thrombose et l’endocardite. Il explique que si la dégénérescence correspond à l’usure naturelle de la valve, les autres causes, bien que différentes, peuvent contribuer à aggraver ou précipiter cette détérioration. Par exemple, la thrombose et l’endocardite, bien qu’éventuellement réversibles à court terme, augmentent à terme le risque de dégradation prématurée des feuillets. Cette approche multifactorielle éclaire la complexité du suivi des patients. Un point essentiel mis en avant est le rôle clé de l’imagerie multimodale dans la surveillance et le diagnostic. Grâce aux critères VARC 3, largement adoptés, il est possible d’évaluer précisément le stade de dysfonction (de l’absence d’anomalies à la défaillance manifeste) et d’adapter la fréquence de surveillance en conséquence. Par ailleurs, des techniques innovantes, telles que le PET scanner, pourraient permettre bientôt un diagnostic plus précoce, en détectant des processus inflammatoires avant que les signes hémodynamiques n’apparaissent. L’existence de stades établis permet ainsi d’orienter la décision clinique, notamment le moment opportun d’une éventuelle réintervention. Enfin, Julien Ternacle souligne l’importance capitale de la prévention dans l’amélioration de la durabilité globale des bioprothèses. Au-delà du choix technique de la prothèse et de l’optimisation de son implantation, un contrôle rigoureux des facteurs cardiovasculaires (hypertension, diabète, métabolisme lipidique) ainsi que la prévention des endocardites apparaissent comme des leviers majeurs. Il plaide pour une prise en charge pluridisciplinaire incluant l’éducation thérapeutique et un suivi rapproché, afin d’anticiper et limiter les complications. Cette approche coordonnée est essentielle pour garantir aux patients porteurs de valves percutanées une qualité de vie durable et sécurisée.