Cette présentation aborde un sujet critique et complexe : la prise en charge des infarctus du myocarde compliqués de choc cardiogénique. Malgré une fréquence relativement basse - de l’ordre de 3 à 5 % des cas d’infarctus aigu - ce tableau clinique demeure associé à une mortalité très élevée, proche de 50 %. Malgré les progrès apportés par la revascularisation coronarienne, les améliorations du pronostic sont restées modestes depuis plusieurs décennies. D’où l’importance actuelle d’une classification précise des stades du choc, comme la classification Sky, qui permet de mieux évaluer la sévérité hémodynamique et de guider les décisions thérapeutiques.
L’orateur présente ensuite les principaux dispositifs d’assistance circulatoire disponibles, en insistant sur leurs spécificités physiologiques et leurs limites. Le ballon de contrepulsion intra-aortique, longtemps considéré comme un outil standard, n’a pas démontré d’impact bénéfique réel sur la survie. Quant à l’ECMO véno-artérielle, bien que puissante, son emploi systématique ne réduit pas la mortalité globale et s’accompagne d’un risque élevé de complications, notamment sans décharge ventriculaire. En revanche, l’assistance ventriculaire gauche par Impella-CP, dont le fonctionnement repose sur l’aspiration du sang dans le ventricule gauche puis sa réinjection dans l’aorte, émerge comme une solution prometteuse. L’essai Danger Shock a montré pour la première fois une amélioration significative de la survie chez des patients rigoureusement sélectionnés, malgré un profil de complications non négligeable.
La réussite thérapeutique avec Impella-CP repose donc sur une sélection rigoureuse des patients – ceux en choc cardiogénique sans dysfonction ventriculaire droite significative, sans complications mécaniques et accessibles à l’abord fémoral – ainsi qu’une expertise multidisciplinaire impliquant interventionnels et chirurgiens cardiaques. L’assistance doit être mise en place rapidement et son efficacité évaluée cliniquement et biologiquement, en monitorant de près les complications liées au dispositif. La conférence insiste enfin sur la nécessité d’un parcours de soins intégrant des options ultérieures, comme l’assistance durable ou la transplantation, dans un cadre organisé afin d’optimiser la prise en charge globale de ces patients à très haut risque.