Cette conférence présente un cas rare d’embolie calcaire deux mois après un TAVI, illustrant l’importance de l’imagerie multimodale pour affiner le diagnostic et guider la stratégie thérapeutique. Le suivi rigoureux et l’adaptation des interventions ont permis une amélioration clinique notable, malgré la complexité du cas.

Les 3 points clés

  • Un embole calcaire peut survenir de manière tardive, deux mois après un TAVI, ce qui est un phénomène rare.
  • L'imagerie multimodale (OCT, scanner, angiographie) est cruciale pour affiner le diagnostic et différencier entre thrombus rouge et embole calcaire.
  • La gestion thérapeutique doit être adaptée, en combinant une stratégie interventionnelle stenting avec une prise en charge médicale rigoureuse pour améliorer la condition clinique du patient malgré la complexité du cas.
Le musée des horreurs

Quand le TAVI dégénère

Alexandre LAFONT · 2025

Cette présentation relate l’histoire clinique d’une patiente nonagénaire atteinte d’un rétrécissement aortique serré symptomatique et prise en charge par TAVI (implantation de valve aortique percutanée). Initialement, la procédure s’est déroulée sans complications majeures, avec un positionnement jugé satisfaisant et un suivi post-opératoire favorable. Cependant, deux mois après l’intervention, la patiente a présenté une douleur thoracique aiguë accompagnée de troubles électriques cardiaques et d’une élévation significative des marqueurs de nécrose myocardique, évoquant un infarctus. Les explorations coronarographiques ont révélé une sténose subocclusive nouvelle au niveau de la circonflexe ostiale, non présente avant le TAVI, soulevant la suspicion d’un infarctus embolique. Face à cette complication atypique, l’équipe a procédé à une série d’examens complémentaires dont une imagerie multimodale (OCT, scanner cardiaque) qui a permis de préciser la nature de la lésion. Initialement identifiée comme un thrombus, la masse obstructive a été reclassifiée en embol calcique provenant probablement de la valve native, un phénomène rare particulièrement deux mois après la procédure. Cette découverte a conduit à une réflexion approfondie sur la meilleure stratégie thérapeutique. La tentative initiale d’extraction mécanique du calcium ne fut pas concluante, nécessitant finalement la pose d’un stent au niveau des lésions coronaires pour rétablir un flux vasculaire satisfaisant. Le suivi attentif de la patiente, intégrant des contrôles cliniques et par imagerie invasive, a permis de valider la réussite de la revascularisation et la récupération d’une fonction ventriculaire normale. Malgré la complexité du cas et les obstacles techniques rencontrés, la gestion multidisciplinaire et l’adoption d’une démarche personnalisée ont permis une amélioration notable et durable de l’état clinique. Ce cas souligne l’importance cruciale de l’utilisation combinée des différentes modalités d’imagerie pour le diagnostic différentiel et la planification des interventions en cardiologie interventionnelle, notamment dans des complications tardives post-TAVI peu documentées. Enfin, cette expérience met en lumière la nécessité d’une collaboration étroite entre les membres de l’équipe médicale, la prise en compte des particularités anatomiques et physiopathologiques de chaque patient, ainsi que l’adaptabilité dans la prise en charge des complications inhabituelles. Elle rappelle que, même dans des contextes réputés bien maîtrisés, des situations imprévues peuvent survenir, obligeant à une vigilance constante et à l’intégration de nouvelles connaissances issues de la pratique clinique.