Le cardiologue doit s'approprier la prescription des antidiabétiques modernes, notamment les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes GLP-1, pour optimiser la prise en charge des patients coronariens diabétiques ou non, en tenant compte des indications, contre-indications et adaptations selon la fonction rénale et l'état clinique.

Les 3 points clés

  • Les cardiologues doivent s'approprier et initier les traitements avec les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes GLP1, car cela influence la prise en charge globale du patient coronarien diabétique.
  • Les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes GLP1 réduisent significativement la mortalité cardiovasculaire chez les patients coronariens diabétiques, avec peu de risque d'hypoglycémie et peuvent être utilisés selon la fonction rénale.
  • La gestion du diabète en phase aiguë coronarienne doit être adaptée, incluant possible utilisation d'insuline et arrêt de sulfamides, avec une importante collaboration entre cardiologues et diabétologues, bien que la prescription incombe souvent aux cardiologues.
Pharm'appac

Anti diabétiques du cardiologue

Patrick HENRY · 2024

Cette conférence met en lumière le rôle de plus en plus central du cardiologue dans la prescription et la gestion des antidiabétiques modernes, en particulier les inhibiteurs de SGLT2 (IGLT2) et les agonistes des récepteurs GLP-1. Ces classes thérapeutiques, initialement intégrées dans le domaine du diabète, ont démontré des bénéfices cardiovasculaires majeurs, notamment chez les patients coronariens en prévention secondaire. L'orateur insiste sur la nécessité pour le cardiologue de s'approprier ces traitements afin d’optimiser la prise en charge globale de ses patients, qu’ils soient diabétiques ou non, tout en maîtrisant les indications, contre-indications et ajustements liés à la fonction rénale et au contexte clinique. Les inhibiteurs de SGLT2, bien que procurant une modulation modérée de la glycémie (baisse de l’HbA1c d’environ 0,5 à 0,7 %), offrent des avantages cardiovasculaires et rénaux significatifs, démontrés dès les premières grandes études comme l’AMPLITUDE ou l’EMPA-REG OUTCOME. Leur mécanisme, combinant un effet diurétique et une diminution de la réabsorption du glucose, contribue à réduire la mortalité et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Ces molécules ne provoquent pas d’hypoglycémies lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec des traitements oraux ne favorisant pas ces épisodes, ce qui rassure quant à leur sécurité d’emploi, y compris chez les patients sous insuline de type 2. De l’autre côté, les agonistes des récepteurs GLP-1 affichent une efficacité glycémique plus forte (baisse d’HbA1c de 1 % ou plus) et des bénéfices cardiovasculaires avérés, notamment sur la réduction de la mortalité et des événements majeurs. Ils présentent l’avantage de ne déclencher des hypoglycémies que lorsqu’ils sont combinés avec de l’insuline ou des sulfamides, molécules qu’il est recommandé d’éviter chez les patients coronariens. Malgré leur administration sous forme de injections hebdomadaires, souvent perçue comme un frein, ces traitements sont généralement bien acceptés du fait de leur efficacité sur la perte de poids et la simplicité des dispositifs d’injection. Un point d’attention majeur est la potentielle aggravation de la rétinopathie diabétique en cas d’amélioration glycémique rapide sous GLP-1. Enfin, la conférence souligne l’importance de protocoles clairs pour la gestion des patients diabétiques coronariens à la sortie d’une hospitalisation pour syndrome coronaire aigu, adaptés au degré de fonction rénale et au statut insulinique. Le cardiologue est invité à initier ces traitements, en collaboration étroite avec le diabétologue, tout en reconnaissant les situations nécessitant un avis spécialisé, comme le recours à l’insuline en cas d’hyperglycémie sévère ou de BMI bas associée à une HbA1c élevée. Cette responsabilisation des cardiologues dans la prise en charge antidiabétique est essentielle pour améliorer le pronostic cardiovasculaire global des patients.