Nicolas Lhoest partage une approche innovante et audacieuse dans la prise en charge des angioplasties coronariennes en démontrant que toutes les procédures, même les plus complexes, peuvent être réalisées en ambulatoire sans compromettre la sécurité ni l’efficacité du traitement. Il déconstruit l’idée traditionnelle des critères restrictifs qui limitaient cette pratique, soulignant qu’aujourd’hui, avec un suivi rigoureux et une organisation adaptée, il est possible de proposer systématiquement l’ambulatoire à l’ensemble des patients, y compris ceux présentant des lésions complexes comme les occlusions chroniques totales (CTO) ou les interventions nécessitant des techniques spécifiques comme le shockwave ou le reverse CART.
Au cours de sa présentation, il illustre son propos avec des cas cliniques variés allant d’angioplasties simples à des interventions complexes, toutes réalisées en ambulatoire. Cette démonstration illustre que la décision de garder ou non un patient en hospitalisation prolongée ne repose plus sur des critères préalables mais se prend in situ, en fonction du déroulement de la procédure et de l’état immédiat du patient. Grâce à un parcours de soins bien huilé, une équipe infirmière dédiée au suivi post-procédure et des appels systématiques le lendemain pour s’assurer de la bonne récupération, cette méthode offre un cadre sécurisé qui encourage fortement le développement de l’ambulatoire, y compris dans des contextes habituellement considérés à risque.
Les résultats de diverses études récentes, notamment celle menée par Galassi en 2024, viennent confirmer la robustesse de cette démarche. En effet, elles montrent une sécurité comparable entre hospitalisation classique et ambulatoire, même pour les interventions les plus complexes. Cela est particulièrement important dans un contexte post-Covid où l’optimisation de l'occupation des lits hospitaliers est cruciale. Par ailleurs, Nicolas Lhoest souligne un avantage économique non négligeable : le financement des gestes étant équivalent quel que soit le mode de prise en charge, basculer vers du 100 % ambulatoire engendre des gains substantiels, notamment en milieu privé, tout en maintenant une qualité de soins optimale.
Au final, cette conférence fait évoluer les mentalités sur l’ambulatoire en cardiologie interventionnelle, en proposant un changement de paradigme pragmatique et basé sur l’expérience clinique. L’objectif n’est plus d’éliminer certains patients de l’ambulatoire dès la prise de rendez-vous, mais plutôt d’adopter une organisation très souple et réactive, où la sécurité repose avant tout sur le suivi proche et la possibilité de réhospitalisation à tout moment si besoin. Ce travail ouvre ainsi des perspectives intéressantes pour la médecine interventionnelle en général, en améliorant l’efficience du système tout en préservant l’excellence de la prise en charge.