Cette conférence met en lumière les difficultés majeures rencontrées lors de l’angioplastie des occlusions chroniques totales (CTO) particulièrement calcifiées, comparées avec justesse à l’ascension de l’Everest, soulignant la nécessité d’une préparation rigoureuse et de stratégies adaptées. L’évaluation initiale via le GSTIO Score est essentielle, puisqu’elle permet d’appréhender la complexité de l’occlusion, notamment la présence du calcium qui alourdit le risque d’échec et de complications. L’adaptation du matériel est primordiale : l’orateur insiste sur l’importance d’utiliser des cathéters et guides robustes, avec des ballons longs de petit diamètre pour fragmenter et modifier les plaques calcifiées, une étape clé pour progresser dans ces occlusions difficiles.
La conférence détaille également les différentes techniques nécessaires face à ces lésions complexes. Nicolas Lhoest illustre l’intérêt des tactiques de contournement, telles que le “knuckle” qui permet d’éviter la pénétration directe souvent infructueuse dans les plaques calcifiées très denses, en progressant dans le plan sous-intimal, généralement moins calcifié. L’emploi d’outils spécifiques, comme certains microcathéters (Turnpike Spiral, Mamba) et guides spécialisés (génération Gaia, Hornet 14, Confluenza Pro 12), est mis en avant pour franchir ces obstacles, tout en adaptant les techniques anterograde et rétrograde selon la situation. L’usage de dispositifs de ré-entrée comme le Stingray ou le Recross, ainsi que le recours à l’imagerie intravasculaire (IVUS) contribuent à guider et optimiser le traitement.
L’approche systématique et progressive est soulignée : lorsque l’accès direct est impossible, des techniques de dissection sous-intimale combinées à des stratégies de re-entry et à l’utilisation de ballons dans une logique de “grenadoplastie” peuvent créer les conditions favorables pour avancer vers la recanalisation. Une attention particulière est portée à la gestion du risque lors des post-dilatations, notamment en limitant l’impact de la dilatation sous IVUS afin d’éviter les complications liées à l’excès d’agressivité. Enfin, la conférence insiste sur la persévérance, la nécessité d’une formation continue aux techniques avancées et la collaboration entre praticiens, facteurs indispensables pour améliorer les résultats et assurer une prise en charge optimale de ces lésions parmi les plus complexes en angioplastie.