Les recommandations 2023 pour les syndromes coronariens aigus insistent sur une prise en charge unifiée et rapide, basées sur l'ECG, la troponine hypersensible, la stratification du risque, et confirment l'absence d'indication à l'oxygène systématique, à la coronarographie systématique post-arrêt cardiaque, tout en simplifiant le traitement anticoagulant et en soulignant l'importance de la vaccination antigrippale.

Les 3 points clés

  • Les recommandations 2023 unifient les pathologies du syndrome coronarien aigu (SCA) sous une seule stratégie diagnostique et thérapeutique commune.
  • La troponine hypersensible est confirmée comme la pierre angulaire du diagnostic et du suivi du NSTEMI, avec un protocole précis pour le dosage à H0, H1, et éventuellement H3.
  • Les nouvelles recommandations excluent l'utilisation systématique d'oxygène en phase aiguë sans désaturation et préconisent l'heparine non fractionnée comme traitement anticoagulant de référence en phase préhospitalière.
Le SCA à l'heure des nouvelles recos

Y-a-t-il vraiment du neuf dans les recos 2023 ?

Yannick GOTTWALLES · 2024

Cette conférence offre une analyse précise et actuelle des recommandations européennes publiées fin 2023 concernant la prise en charge des syndromes coronariens aigus (SCA). L’orateur met en évidence une approche unifiée et simplifiée qui regroupe sous un même ensemble les différentes formes cliniques du SCA, qu’il s’agisse du STEMI ou du NSTEMI. Ce changement majeur souligne la similarité des stratégies diagnostiques, des interventions invasives et du suivi hospitalier, facilitant ainsi une gestion plus cohérente et efficace des patients. L’introduction de l’acronyme ACS (Acute Coronary Syndrome) reflète cette volonté d’harmonisation, en s’appuyant sur une évaluation clinique rigoureuse combinant ECG, troponine hypersensible et facteurs de risque. Un focus important est porté sur le diagnostic rapide et la stratification du risque, notamment dans le contexte des urgences. Pour le STEMI, la rapidité est cruciale, avec une prise en charge organisée autour de réseaux spécialisés assurant une revascularisation dans un délai optimal, idéalement en moins de 90 minutes après qu’un ECG révélant le STEMI ait été réalisé. Le recours à la thrombolyse intraveineuse demeure une option lorsque ce délai ne peut être respecté, notamment en phase préhospitalière. L’importance de la troponine hypersensible est confirmée, servant de marqueur fondamental pour affiner la classification des NSTEMI et guider la décision thérapeutique. Ces recommandations clarifient également la durée et le rythme des dosages de troponine, ainsi que la nécessité d’une échocardiographie dans certains cas, renforçant une démarche diagnostique systématique et rigoureuse. Par ailleurs, la conférence insiste sur des points pratiques essentiels souvent entachés de pratiques traditionnelles obsolètes, telles que l’utilisation systématique de l’oxygène, désormais déconseillée sauf en cas de désaturation avérée. Les protocoles d’anticoagulation sont également simplifiés, avec une nette préférence pour l’héparine non fractionnée, ce qui doit faciliter les prises en charge préhospitalières. De plus, la gestion des arrêts cardiaques récupérés est précisée, déconseillant une coronarographie systématique sauf signes persistants, ainsi qu’une évaluation neurologique différée pour permettre une récupération adéquate. Enfin, des aspects innovants sont introduits comme l’usage de la colchicine dans certains SCA, la prescription précoce de fortes doses de statines et l’importance renforcée de la vaccination antigrippale, cette dernière ayant montré un impact bénéfique significatif sur la mortalité globale liée aux SCA. Ces éléments illustrent un paysage thérapeutique qui évolue, en combinant rigueur scientifique et pragmatisme clinique.