Présentation d'un cas complexe d'angor spastique confirmé par test au métargin, soulignant les difficultés diagnostiques et thérapeutiques, notamment liées au sevrage tabagique et à la gestion des lésions coronaires spastiques persistantes malgré l'angioplastie.

Les 3 points clés

  • Le diagnostic d'angor spastique doit être envisagé chez des patients présentant des douleurs thoraciques récurrentes malgré la pose de stents, avec confirmation par un test au métargin intracoronaire.
  • Le sevrage tabagique est crucial dans la prise en charge de l'angor spastique, mais il peut être difficile à obtenir, notamment chez les patients anxiodépressifs.
  • L'angioplastie peut être utilisée face à des lésions d'origine spasmodique sévères, mais ne toujours pas efficace car les spasmes peuvent persister et entraîner des complications même après intervention.
Redevenons spasmophiles

Le spasme auvergnat

Benjamin DUBAND · 2023

Ce cas clinique présenté illustre la complexité du diagnostic et de la prise en charge de l’angor spastique, notamment lorsque surviennent des lésions coronaires évolutives chez une patiente jeune avec plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires et troubles associés. La patiente, souffrant d’un antécédent significatif de tabagisme, d’hypertension, ainsi que d’épilepsie et d’un syndrome anxio-dépressif, expose les difficultés rencontrées face à une douleur thoracique récidivante et typique d’angor, mais dans un contexte où les lésions coronaires apparaissent rapidement évolutives et atypiques. La démarche diagnostique menée, incluant des coronarographies répétées et finalement un test au métargin intracoronaire, permet de mettre en évidence l’angor de Prinzmetal, forme particulière de spasme coronaire qui impacte durablement la circulation coronarienne. L’intérêt majeur de ce cas repose dans les interrogations thérapeutiques qu’il soulève. Malgré l’implantation de plusieurs stents pour traiter des sténoses serrées, les spasmes coronaires persistent, illustrant la difficulté à contrôler efficacement ces épisodes vasospastiques par des interventions mécaniques classiques. La mise en place d’un traitement médical adapté, avec notamment des inhibiteurs calciques et des dérivés nitrés, est rendue indispensable, tout comme l’accompagnement d’un sevrage tabagique intensif, bien que difficile à obtenir. Ce cas met donc en lumière les limites actuelles des stratégies invasives dans ce type de pathologie, ainsi que le rôle crucial de la prise en charge multidisciplinaire, combinant cardiologie, psychologie et réadaptation. Par ailleurs, la présentation détaille le protocole et les critères d’interprétation du test au métargin, essentiel pour confirmer le diagnostic d’angor spastique en France malgré son caractère peu diffusé. Ce test intracoronaire réalisé avec prudence, notamment en favorisant l’injection intra-artérielle et la protection par dérivés nitrés, s’avère capital pour identifier la triade diagnostique : symptômes cliniques, modifications électriques, et occlusion angiographique transitoire. Ce rappel méthodologique permet de sensibiliser à la nécessité d’un dépistage spécifique chez les patients présentant des douleurs coronariennes inexpliquées, des MINOCA, ou des événements cardiaques inexpliqués. Enfin, ce cas souligne l’importance d’une vigilance prolongée et d’un suivi attentif chez ces patients spasmophiles, qui peuvent poursuivre des symptômes malgré une prise en charge adaptée. Il invite à une réflexion approfondie sur les stratégies futures, à la fois diagnostiques et thérapeutiques, et à la nécessité d’une meilleure compréhension physiopathologique de ces spasmes coronaires pour améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients touchés.