Présentation de deux cas cliniques illustrant le phénomène rare de torsion coronaire ("twist") induite soit par une aneuplastie chirurgicale, soit par la manipulation d'un guide d'angioplastie, avec mise en évidence du rôle clé de l'imagerie intravasculaire pour le diagnostic et le choix thérapeutique.

Les 3 points clés

  • Le premier cas illustre un twist coronarien post-opératoire secondaire à une aneuploplastie avec une obstruction traitée par angioplastie et stenting.
  • L’imagerie OCT a été cruciale pour diagnostiquer et suivre le twist coronarien, en confirmant la levée partielle de la torsion et en guidant le traitement complémentaire.
  • Le deuxième cas montre qu’un twist peut aussi être induit iatrogéniquement par le guide lors d'une angioplastie, soulignant l’importance de l’imagerie pour différencier une complication sérieuse d’une anomalie temporaire.
Bar à cas

Twist again

Benjamin DUBAND · 2022

Cette conférence explore un phénomène peu fréquent en cardiologie interventionnelle : la torsion coronaire, ou "twist", qui peut survenir à la suite d’une aneuplastie chirurgicale ou lors de la manipulation d’un guide d’angioplastie. À travers deux cas cliniques précis, Benjamin Duband met en lumière la complexité de ce diagnostic ainsi que les défis thérapeutiques qu’il engendre. Le premier cas détaille la prise en charge d’un patient ayant subi une plastie mitrale et tricuspide, chez qui une torsion de la coronaire droite post-opératoire a été détectée. Cette complication a pu être mise en évidence grâce à l’utilisation d’imageries intravasculaires avancées, notamment l’OCT, qui ont permis de visualiser la structure tordue de l’artère et d’affiner la stratégie thérapeutique. Le conférencier illustre parfaitement comment l’imagerie intravasculaire joue un rôle crucial non seulement dans le diagnostic précis du twist, mais aussi dans le suivi de l’efficacité du traitement, notamment après la pose de stents. Ces derniers apportent une rigidité nécessaire pour corriger la torsion tout en laissant subsister une certaine traction au niveau des segments non couverts. La décision de privilégier une angioplastie à la reprise chirurgicale, lourde en risque, s’est avérée judicieuse dans ce contexte. L’analyse multicouches, comprenant des reconstructions 3D et un contrôle scanner à distance, complète la compréhension de la relation anatomique entre les structures cardiaques et la coronaire tordue. Le second cas proposé montre que ce phénomène de twist n’est pas l’apanage de la chirurgie mais peut également survenir en angioplastie, notamment lors de la manipulation de guides dans des artères coronaires tortueuses. Là encore, l’imagerie intravasculaire a été déterminante pour confirmer l’absence de lésion sous-jacente et rassurer sur la viabilité de la stratégie thérapeutique employée. Ce cas met aussi en lumière les précautions à prendre lors des procédures interventionnelles pour éviter d’induire ce type de complications rares mais potentiellement graves. En résumé, cette intervention souligne l’intérêt d’une approche diagnostique fine, appuyée par des techniques d’imagerie de pointe, dans la prise en charge des torsions coronaires, qu’elles soient iatrogènes ou induites par des procédures chirurgicales. Ces illustrations cliniques enrichissent la compréhension de ce phénomène et permettent d’optimiser les décisions thérapeutiques, améliorant ainsi le pronostic des patients concernés.