Le spasme coronaire, pathologie souvent sous-diagnostiquée et grave, nécessite une attention clinique rigoureuse avec des tests de provocation intracoronaires pour un diagnostic précis et un traitement efficace basé sur la gestion des facteurs de risque et la prévention des récidives.

Les 3 points clés

  • Le spasme coronaire est une pathologie sous-estimée et grave qui nécessite une réflexion clinique approfondie, notamment dans les cas d'angor sans lésion coronaire visible.
  • Le diagnostic du spasme se base sur des tests de provocation intracoronaires qui augmentent la sensibilité et doivent être pratiqués en cas de suspicion, surtout en présence de coronaires angiographiquement normales.
  • Le traitement du spasme repose principalement sur des règles hygiéno-diététiques strictes, notamment l'arrêt du tabac, associé à des médicaments comme les inhibiteurs calciques, avec une bonne efficacité si bien suivi.
Redevenons spasmophiles

Juste une mise au point

Hakim BENAMER · 2023

Le spasme coronaire est une pathologie cardiaque souvent méconnue et sous-diagnostiquée, mais qui peut avoir des conséquences graves si elle n’est pas prise en charge correctement. Cette conférence met en lumière l’importance d’une réflexion clinique approfondie devant un angor sans lésions coronaires visibles, soulignant que la simple dilatation ne suffit pas toujours et qu’une prise en compte attentive des symptômes est essentielle. Le conférencier explique ainsi que le spasme coronaire reste un défi diagnostique majeur, car il peut imiter d’autres formes d’ischémie et se manifeste fréquemment chez des patients avec des coronaires angiographiquement normales. Il revient sur les découvertes historiques, notamment la réapparition régulière de cette pathologie dans les débats médicaux depuis les années 1950, et insiste sur la nécessité d’une actualisation constante des connaissances. La conférence aborde également les deux mécanismes physiopathologiques principaux du spasme : la dysfonction endothéliale liée aux facteurs de risque cardiovasculaire classiques comme le diabète ou le tabagisme en Europe, et l’hyperréactivité des cellules musculaires lisses associée à un déficit génétique en roquinase, plus souvent observée en Asie. Cette distinction explique les variations ethniques dans la prévalence de la maladie et la forte expertise japonaise dans ce domaine. Le conférencier détaille les moyens diagnostiques, en insistant sur la supériorité des tests de provocation intracoronaires, beaucoup plus sensibles que les tests réalisés par voie intraveineuse, pour détecter ces spasmes souvent invisibles à l’angiographie conventionnelle. Il alerte sur l’errance diagnostique fréquente, l’importance de poser la bonne question sur le contexte clinique et la manifestation des symptômes, notamment la survenue nocturne des crises. Sur le plan thérapeutique, la prise en charge repose d’abord sur des règles hygiéno-diététiques strictes, avec un arrêt impératif du tabac pour réduire la dysfonction endothéliale, puis sur un traitement médicamenteux efficace à base de dérivés nitrés et d’inhibiteurs calciques, parfois en association pour mieux prévenir les récidives. Au-delà de la simple pharmacologie, le conférencier évoque aussi les diagnostics différentiels et les pathologies associées qui peuvent se situer à la frontière avec d’autres spécialités, rappelant que la vigilance est de mise, notamment chez les femmes en période menstruelle ou en cas d’hypérésosinophilie. Enfin, il souligne que les complications associées, telles que les événements cardiaques aigus ou les troubles du rythme, doivent conduire à envisager des dispositifs comme le défibrillateur chez certains patients à haut risque, ce qui illustre le caractère grave et multifacette de cette pathologie. Cette présentation invite ainsi les professionnels à renouveler leur regard sur le spasme coronaire, à intégrer systématiquement les tests de provocation intracoronaires dans les cas suspects pour un diagnostic précis, et à adopter une approche thérapeutique rigoureuse afin de diminuer le risque de complications majeures. Elle souligne l’importance de la collaboration entre cardiologues, médecine interne et autres spécialistes pour améliorer la prise en charge globale de patients souvent en errance diagnostique, contribuant ainsi à réduire la morbi-mortalité liée à ce phénomène parfois méconnu.