Présentation d’un cas rare et grave de dissection du culot aortique survenue lors d’une angioplastie, avec revue des stratégies de prise en charge incluant le stenting guidé par IVUS, le suivi scanner et les indications chirurgicales selon la classification de Dunning.

Les 3 points clés

  • La dissection du culot aortique est une complication rare mais potentiellement gravissime, souvent liée à l'utilisation de cathéters guides de gros diamètre, notamment au niveau de la coronaire droite.
  • La prise en charge optimale implique la pose d'un stent pour refermer la porte d'entrée de la dissection, guidée par une imagerie intravasculaire (IVUS) et une surveillance rigoureuse via scanner pour contrôler l'évolution de la dissection.
  • Le traitement conservateur est envisageable pour les dissections localisées (classes 1 et 2 de la classification de Dunning) mais nécessite une surveillance attentive, tandis que la chirurgie est réservée aux cas avec extension importante, insuffisance aortique ou tamponnade.
421 : 4 mains, 2 cerveaux, 1 complication

J'ai disséqué le culot aortique

Hakim BENAMER · 2025

Cette conférence met en lumière une complication rare mais redoutable lors des interventions coronaires : la dissection du culot aortique, souvent favorisée par l'utilisation de cathéters guides larges, notamment dans la prise en charge de la coronaire droite. À travers l'analyse d'un cas clinique vécu, le conférencier détaille habilement la démarche diagnostique et thérapeutique qui a permis de maîtriser cette complication gravissime. L’approche combinée du stenting ciblé de la porte d’entrée, guidée par imagerie intravasculaire (IVUS), ainsi qu’une surveillance scanographique rigoureuse, est mise en avant comme un standard efficace pour limiter l’étendue de la dissection et optimiser le pronostic. Cette évolution thérapeutique témoigne de la collaboration étroite entre interventionnels et imageristes. La présentation approfondit la classification de Dunning, indispensable pour stratifier la gravité des dissections selon leur extension (localisée au culot, remontant dans l’aorte ascendante ou s’étendant sur plus de 40 mm) et définir la stratégie prise en charge. Les données issues de séries cliniques multiples sont exposées, révélant un taux de mortalité significatif (entre 4 et 7 %), qui n’autorise pas à sous-estimer la vigilance requise lors de ces procédures. L’orateur insiste sur la nécessité d’un suivi strict comprenant des scanners répétés afin d’anticiper une extension secondaire de la lésion pouvant entraîner des complications majeures telles que tamponnade ou insuffisance aortique évolutive. L’enseignement principal réside dans l’équilibre subtil entre une attitude souvent conservatrice pour les dissections de faible extension (classes 1 et 2) et le recours au traitement endovasculaire, voire chirurgical, dans les situations à haut risque. Le recours à l’IVUS pour guider la mise en place du stent est présenté comme une aide essentielle pour optimiser la qualité du geste, éviter l’aggravation mécanique de la dissection et s’assurer de la fermeture efficace de la porte d’entrée. Cette prise en charge multidisciplinaire met en exergue l’importance de l’expérience, du choix technique et du suivi rigoureux afin de réduire la mortalité et améliorer les résultats fonctionnels des patients touchés par cette complication exceptionnelle.