Présentation d’un cas rare de canal artériel persistant découvert tardivement chez un patient adulte, illustrant les défis et l’intérêt des techniques d’imagerie et de fusion pour la fermeture percutanée de cette malformation congénitale.

Les 3 points clés

  • Un canal artériel persistant peut passer inaperçu jusqu'à un âge avancé, comme chez ce patient de 66 ans, et causer des complications cardiaques.
  • La fermeture percutanée d'un canal artériel chez l'adulte est plus complexe que chez l'enfant, nécessitant une préparation avancée comme la fusion d'imagerie.
  • Un examen clinique simple, tel que l'auscultation, pourrait suffire à détecter cette anomalie, illustrant que les médecins sont parfois les plus mal soignés.
Bar à cas

Les cordonniers sont les plus mal chaussés

Clément KARSENTY · 2022

Ce cas illustre une situation clinique rare où un canal artériel persistant, normalement détecté et fermé dans l’enfance, est passé inaperçu jusqu’à l’âge adulte. Le patient, âgé de 66 ans et lui-même médecin généraliste, présentait une cardiopathie dilatée avec fraction d’éjection préservée, ainsi qu’une dilatation aortique notable. Ces manifestations ont finalement été expliquées par la découverte fortuite, lors d’un coroscanner, d’un canal artériel non fermé, provoquant un shunt gauche-droite et un hyperdébit pulmonaire chronique. Cette malformation congénitale, essentielle pendant la vie fœtale, entraîne chez l’adulte des conséquences cardiovasculaires majeures, notamment l’élargissement des cavités cardiaques gauches et de l’aorte. La prise en charge a requis une approche interventionnelle guidée par des techniques d’imagerie avancées. En effet, la fermeture percutanée du canal, plutôt banal chez l’enfant, se révèle techniquement complexe chez l’adulte en raison notamment de la taille réduite du canal par rapport aux structures vasculaires dilatées et à la difficulté d’orienter les cathéters. La stratégie employée ici a consisté à réaliser une fusion des images du scanner avec l’imagerie en temps réel lors de la procédure, permettant de mieux localiser le canal et ainsi de réduire significativement le temps d’intervention, l’irradiation et les risques associés. Cette utilisation de la fusion d’images illustre parfaitement comment les progrès technologiques peuvent repousser les limites traditionnelles de l’intervention en cardiologie interventionnelle adulte. Un autre point saillant de cette présentation est le contraste entre la relative simplicité de la fermeture du canal artériel chez le nouveau-né, où les structures sont proportionnellement plus grandes et plus accessibles, et la complexité rencontrée chez l’adulte. Cela met en lumière non seulement les adaptations techniques nécessaires mais aussi l’importance de la détection précoce des malformations congénitales, dont la persistance non traitée peut devenir problématique avec le temps. Enfin, cette histoire rappelle de manière ironique que les professionnels de santé, malgré leur expertise, ne sont pas à l’abri d’un retard diagnostic, renforçant ainsi la nécessité d’une vigilance constante et d’un examen clinique rigoureux, même chez des patients médecins.