Ce cas clinique met en lumière une fistule coronaire congénitale, une pathologie rare souvent découverte précocement, ici détectée tardivement chez un patient de 71 ans. L’importance du recours à l’IRM 4DFlow s’est révélée cruciale pour évaluer précisément l’hémodynamique du shunt et quantifier le débit sanguin anormal passant par la fistule, qui représentait un hyperdébit pulmonaire majeur. Cette imagerie avancée a permis de mieux comprendre l’impact fonctionnel sur les valves cardiaques et sur la dilatation des cavités, ouvrant ainsi la voie à une prise en charge interventionnelle à un âge habituellement jugé limite pour ce type de correction.
La fermeture de la fistule s’est avérée complexe, témoignant de la technicité requise dans les embolisations coronaires. Malgré une première tentative incomplète, la persévérance a conduit à l’utilisation combinée de plugs vasculaires et de coils, avec des approches endovasculaires différenciées pour atteindre un occlusion quasi complète. Ce parcours illustre bien la nécessité d’adapter la stratégie en fonction des caractéristiques anatomiques et des contraintes techniques, tout en minimisant les risques, notamment les complications ischémiques secondaires à la migration ou au déplacement du matériel d’embolisation.
Enfin, la prise en charge de ce patient a souligné le potentiel de remodelage cardiaque même à un âge avancé, avec une réduction visible de la dilatation des cavités et une amélioration nette des symptômes cliniques. Ce résultat encourage à envisager une correction des fistules coronaires congénitales malgré un âge élevé, quand les bénéfices l’emportent sur les risques. Toutefois, la prudence demeure, et la décision doit être personnalisée, tenant compte de la balance entre le risque d’événements ischémiques liés à la procédure et la possibilité d’améliorer la fonction cardiaque globale.