La présentation met en lumière la grande complexité inhérente à la prise en charge des fuites paraprothétiques sur valves mécaniques, en s’appuyant sur un cas clinique particulièrement évocateur. Ce cas illustre les défis techniques liés à l’accès aux différentes localisations des fuites, notamment les fuites postérieures souvent difficiles à atteindre, et les choix stratégiques entre plusieurs voies d’abord interventionnel : transseptal, rétrograde aortique ou transapical. L’importance de l’imagerie 3D en temps réel est soulignée, notamment pour guider précisément le positionnement des dispositifs occlusifs validés tels que les PLD (Paravalvular Leak Device) et les AVP3, qui sont désormais des standards dans ce type de procédure.
Le suivi prospectif international à deux ans du registre FFPP1, présenté ici pour la première fois avec un large panel de centres, confirme que la population concernée est fragilisée, souvent atteinte d’insuffisance cardiaque sévère, avec un taux de mortalité élevé (près de 46 % à deux ans). Le taux de succès technique élevé (87 %) démontre la faisabilité et la maîtrise croissante des interventions percutanées, mais la réussite clinique – correspondant à une amélioration symptomatique et l’absence de recours à la transfusion – reste plus modérée (70 %). Plusieurs facteurs pronostiques négatifs ont été identifiés : la localisation mitrale, la présence d’une valve mécanique, l’anémie hémolytique et la voie d’abord transapicale. Ces résultats aident à mieux individualiser le risque et le choix thérapeutique.
Enfin, la conférence met en avant un enseignement majeur : la fermeture percutanée d’une fuite paraprothétique, lorsqu’elle se traduit par une amélioration clinique, modifie favorablement l’évolution naturelle des patients en réduisant la morbi-mortalité et en limitant la nécessité de réinterventions chirurgicales lourdes. Cette approche représente donc une alternative valide et souvent préférentielle à la chirurgie, notamment pour les patients à haut risque ou ceux dont les comorbidités contre-indiquent une chirurgie ouverte. En résumé, la fermeture percutanée apparaît comme une option thérapeutique de choix, intégrée dans une stratégie globale personnalisée, à condition d’obtenir un succès clinique rapide et durable.