Les dernières études montrent qu'il est possible de réduire la durée de la double antiagrégation plaquettaire après un syndrome coronarien aigu à un mois chez les patients à faible risque ischémique, tandis que l'ajout d'aspirine à un traitement anticoagulant oral chez les patients à haut risque ischémique augmente significativement les complications sans bénéfice.

Les 3 points clés

  • Dans le syndrome coronarien aigu, la double antiagrégation plaquettaire avec aspirine et un P2Y12 puissant est obligatoire, mais la durée peut être réduite à un mois chez les patients à faible risque ischémique ou à haut risque hémorragique.
  • L'arrêt de l'aspirine après un mois dans la double antiagrégation plaquettaire chez des patients sélectionnés à faible risque ischémique est non inférieur en termes d'événements ischémiques et réduit significativement les risques hémorragiques.
  • Chez les patients à très haut risque ischémique sous anticoagulants orodirects, l'ajout d'aspirine augmente la mortalité et le risque d'événements ischémiques sans bénéfice, et doit donc être évité.
Pharm'APPAC

Antithrombotiques : quoi de neuf ?

Romain Didier · 2026

Cette conférence met en lumière les avancées récentes dans la gestion des traitements antithrombotiques, en particulier après un syndrome coronarien aigu (SCA). Traditionnellement, la double antiagrégation plaquettaire, combinant aspirine et un inhibiteur puissant du récepteur P2Y12 (comme le Prasugrel ou le Ticagrelor), est prescrite pour une durée d’un an afin de prévenir la thrombose de stent et d’autres événements ischémiques. Cependant, les données récentes montrent que chez les patients à faible risque ischémique, il est possible de réduire cette double antiagrégation à un mois sans augmenter le risque d’événements cardiovasculaires majeurs, tout en réduisant significativement les complications hémorragiques. Cette prise en charge adaptée permet de minimiser les risques liés aux traitements antithrombotiques tout en maintenant une bonne efficacité. L’orateur insiste également sur le fait que cette réduction de la durée de la double antiagrégation concerne surtout les patients présentant un faible risque ischémique et non ceux avec un haut risque hémorragique, qui bénéficient déjà d’une adaptation thérapeutique. La population étudiée dans cette optique est relativement jeune, avec des lésions coronaires limitées et un usage exclusif de stents modernes, ce qui permet d’envisager une pratique plus sécuritaire et individualisée. Ces résultats ouvrent la voie à une réévaluation des recommandations actuelles, tout en maintenant une borne minimale d’une mois de traitement pour éviter les risques d’événements ischémiques précoces. Un autre point fort abordé concerne la gestion combinée des anticoagulants oraux et de l’aspirine chez les patients à très haut risque ischémique, notamment ceux sous traitement anticoagulant pour fibrillation auriculaire et porteurs de stents coronariens stables. Contrairement à une idée répandue, l’ajout d’aspirine à un anticoagulant oral direct dans ce contexte ne confère aucun bénéfice supplémentaire en termes de prévention des événements ischémiques. Au contraire, il augmente significativement les risques de complications hémorragiques et de mortalité toutes causes. Cette conclusion provient d’une étude française rigoureuse qui a dû être arrêtée prématurément en raison d’une nette surmortalité avec l’association aspirine-anticoagulant, incitant à ne pas combiner ces deux traitements au long cours chez les patients concernés. En résumé, cette présentation souligne l’importance d’une stratégie antithrombotique personnalisée, en réduisant la durée de la double antiagrégation chez les patients à faible risque ischémique après SCA et en évitant l’ajout inutile d’aspirine chez les patients sous anticoagulants oraux à haut risque. Ces évolutions permettent d’optimiser le rapport bénéfice-risque des traitements et contribuent à une prise en charge plus moderne et sécurisée des patients cardiovasculaires.