Pierre Lantelme propose une analyse fine des avantages respectifs des voies d'accès radiales droite et gauche en cardiologie interventionnelle, en insistant sur la nécessité d’une approche personnalisée selon les caractéristiques du patient. Il rappelle que la voie radiale droite est généralement préférée en raison du confort opératoire, notamment pour le praticien, surtout lors de la ponction. Cependant, il souligne que ce choix n’est pas sans inconvénients, notamment chez les patients âgés où la tortuosité artérielle peut compliquer le déroulement de la procédure.
Lantelme s’appuie sur une étude originale portant sur une cohorte de patients âgés, équipés de scanners permettant de mesurer précisément la tortuosité des artères. Cette analyse révèle qu’environ deux tiers des patients présentent une souclavière droite davantage tortueuse que la gauche. Cette différence est expliquée par le vieillissement vasculaire et les modifications morphologiques de l’aorte, qui s’allonge et se déforme avec l’âge, induisant une plus grande difficulté technique sur le trajet radial droit. À l’inverse, la souclavière gauche conserve généralement un axe plus rectiligne, facilitant ainsi le cathétérisme.
Par ailleurs, il identifie des facteurs cliniques prédictifs de cette tortuosité accrue de la voie radiale droite : l'âge avancé, le sexe féminin, une petite taille et des antécédents spécifiques tels que la cyphose ou un accident vasculaire cérébral. Ces critères permettent d’anticiper le recours préférable à la voie radiale gauche, particulièrement chez les patientes âgées de petite constitution, afin de réduire les risques de complications, la durée de l'exposition aux rayons et améliorer la procédure.
Enfin, Lantelme invite à dépasser une opposition systématique entre les voies radiales droite et gauche, recommandant une stratégie personnalisée qui intègre les aspects anatomo-cliniques. Il suggère ainsi que l’abord radial gauche, souvent sous-exploité, conserve une place essentielle dans la pratique, notamment dans les groupes à risque de tortuosité élevée à droite, évitant ainsi des complications potentielles comme un surcroît d’AVC ou une exposition radiologique excessive. Son propos invite donc à une meilleure connaissance anatomique et à une adaptation des pratiques interventionnelles, toujours au service de la sécurité et du confort des patients.