Cette présentation met en lumière la complexité de la prise en charge des patients atteints de fibrillation atriale et porteurs de stents coronaires, un cas fréquent et cliniquement délicat dans les laboratoires de cathétérisme cardiaque. L'enjeu principal réside dans le maintien d’un équilibre délicat entre la prévention des événements thromboemboliques liés à la fibrillation atriale et la prévention de la thrombose de stent, tout en limitant les risques hémorragiques induits par les traitements anticoagulants et antiagrégants plaquettaires. La conférencière souligne que la triple thérapie classique (anticoagulant oral direct, aspirine et anti-P2Y12) augmente significativement le risque de saignements graves, notamment dans le premier mois après l’angioplastie.
Sabrina Uhry détaille ensuite les avancées récentes issues de plusieurs études majeures qui proposent de privilégier une bithérapie associant un anticoagulant oral direct (AOD) et un anti-P2Y12, pour réduire la fréquence des complications hémorragiques tout en assurant une protection efficace contre les événements cardiovasculaires. Cependant, cette stratégie comporte un risque accru de thrombose de stent, ce qui impose une évaluation prudente des patients afin d’adapter la durée et la composition du traitement anticoagulant et antiagrégant selon leur profil de risque hémorragique et ischémique.
La conférence s’appuie sur l’analyse détaillée de cas cliniques concrets permettant d’illustrer l’application pratique des recommandations européennes actuelles. L’importance d’un protocole rigoureux est mise en avant, depuis la phase pré-interventionnelle – avec le maintien ou la suspension temporaire des AOD selon le risque de l’acte invasif – jusqu’à la stratégie post-angioplastie. Cette dernière doit être personnalisée en fonction de critères cliniques, biologiques et angiographiques, avec un suivi attentif de la durée de la double ou triple thérapie, accompagné d’une communication claire dans les comptes rendus pour garantir la cohérence des prescriptions à long terme.
Enfin, la conférencière attire l’attention sur plusieurs aspects pratiques essentiels, notamment la nécessité d’utiliser les voies d’abord les moins hémorragiques, la prudence avec certains antiplaquettaires comme ticagrelor ou prasugrel en association avec les anticoagulants, ainsi que l’indispensable recours aux protecteurs gastriques. Si certaines questions restent en suspens, telles que le choix optimal des stents actifs chez les patients sous AOD ou l’éventuelle prolongation d’un antiagrégant plaquettaire en fonction du profil ischémique, cette session offre ainsi une synthèse claire et pragmatique des dernières données et recommandations pour mieux guider les cliniciens dans la gestion de ces patients à haut risque.