Dans cette présentation, Benjamin Duband met en lumière les dernières avancées dans la prise en charge des dyslipidémies, en insistant particulièrement sur l’importance du dépistage précoce de l'hypercholestérolémie familiale (HF). Il souligne que les nouvelles recommandations américaines préconisent désormais un dépistage chez les enfants dès l’âge de deux ans en cas d’antécédents familiaux pertinents, ainsi qu’à neuf ans en l’absence de tels antécédents. Cette stratégie vise à intervenir rapidement pour réduire l'exposition cumulative au LDL-cholestérol, un facteur clé du risque cardiovasculaire, ce qui pourrait transformer la trajectoire de santé des personnes porteuses d’HFs hétérozygotes, qui concernent environ 1 individu sur 250.
Le conférencier rappelle également les cibles thérapeutiques fixées dans les recommandations européennes et américaines, qui se basent sur une évaluation rigoureuse du risque cardiovasculaire. Malgré ces objectifs clairement définis, la réalité clinique est moins satisfaisante : une large majorité des patients en prévention secondaire ne parviennent pas à atteindre les niveaux recommandés de LDL-cholestérol, en partie à cause d’une prise en charge insuffisante. L’utilisation limitée des traitements combinés, notamment des inhibiteurs de PCSK9, ainsi que l’absence de traitement chez un nombre important de patients post-infarctus, sont pointées comme des freins majeurs à une meilleure maîtrise du risque.
Duband présente ensuite les innovations thérapeutiques les plus prometteuses. Il évoque notamment l'élargissement des indications des anti-PCSK9 en prévention primaire, avec des études récentes démontrant une réduction significative de la mortalité cardiovasculaire chez des patients à haut risque n’ayant pas encore fait d’événement. Par ailleurs, de nouvelles molécules comme l’acide bimpédoïque offrent une alternative intéressante, en particulier pour les patients intolérants aux statines, grâce à un mécanisme d’action complémentaire et une efficacité significative dans la baisse du LDL. Enfin, il attire l’attention sur la lipoprotéine(a), un facteur génétiquement déterminé dont la prise en compte gagne en importance, avec des traitements innovants en cours de développement capables de réduire drastiquement ses concentrations.
En conclusion, cette séance met en avant un arsenal thérapeutique désormais très riche et diversifié, capable de répondre aux différentes situations cliniques rencontrées, y compris face aux problématiques d’intolérance. Le conférencier insiste sur l’importance d’une approche personnalisée, associant précocité du dépistage, intensité du traitement, et attention portée à l’observance, afin d’optimiser la réduction du LDL-cholestérol et, in fine, diminuer efficacement le risque cardiovasculaire.