Les principaux leviers d'amélioration des délais pré-hospitaliers en infarctus du myocarde incluent l'encouragement à appeler le SAMU, l'optimisation des transports directs vers les centres d'angioplastie, une utilisation raisonnée de la fibrinolyse et une meilleure formation continue pour éviter erreurs diagnostiques et dysfonctionnements logistiques.

Les 3 points clés

  • Les principaux délais liés à la prise en charge des infarctus sont le délai patient avant appel médical, le délai système entre l'appel et la revascularisation, et le délai entre les centres en cas de transfert indirect.
  • Le transfert indirect vers un centre sans salle de cathéterisme allonge significativement les délais de revascularisation et augmente la mortalité, soulignant l'importance d'une admission directe dans un centre équipé.
  • L'utilisation de la fibrinolyse est sous-exploitée malgré son potentiel bénéfice en cas de délai de revascularisation trop long, et une meilleure coordination logistique et formation médicale continue sont nécessaires pour réduire les délais et améliorer le pronostic.
SCA

Délai pré-hospitalier : peut-on encore faire mieux ?

Benjamin Duband · 2026

Cette conférence revient en détail sur les enjeux cruciaux liés aux délais pré-hospitaliers dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde, en particulier ceux avec élévation du segment ST (STPlus). L’orateur souligne l’importance capitale de la rapidité d’intervention pour améliorer à la fois la mortalité et la morbidité, rappelant les recommandations européennes qui fixent des délais stricts : angioplastie primaire dans l’heure si le patient se présente directement en centre spécialisé et dans les 120 minutes sinon, avec recours à une fibrinolyse dans les cas où la revascularisation est trop tardive. Ces temps sont décomposés entre délai patient (temps avant appel aux secours) et délai système (de l’appel à la revascularisation), permettant ainsi d’identifier précisément les points de blocage. L’analyse des comportements des patients montre que le délai patient reste un facteur clé, avec une partie importante des infarctus pris en charge tardivement en raison d’une mauvaise perception des symptômes ou d’une inertie à contacter le SAMU. Le profil des patients retardataires est bien documenté : femmes, personnes âgées et milieux sociaux défavorisés sont statistiquement associés à une prise en charge plus tardive. Par ailleurs, un élément critique identifié est le lieu de prise en charge initiale : un transit indirect par un centre hospitalier non équipé rallonge considérablement les délais et aggrave le pronostic, augmentant la mortalité malgré un ajustement pour ces retard. Cette donnée incite à promouvoir un accès direct aux centres d’angioplastie, optimisant ainsi les parcours de soins. Le conférencier aborde également les aspects logistiques et organisationnels en soulignant certaines déconvenues, notamment l’utilisation parfois inappropriée de moyens de transport comme l’hélicoptère, qui ne semble pas améliorer les délais dans la majorité des cas et pourrait même les aggraver dans certaines zones. Par ailleurs, la fibrinolyse, qui pourrait être un outil précieux en cas de délai trop long vers la salle de cathétérisme, est manifestement sous-utilisée malgré son efficacité démontrée. Des erreurs diagnostiques et des dysfonctionnements logistiques, souvent liés à une formation continue insuffisante des équipes, sont également pointés du doigt, renforçant la nécessité de dispositifs d’évaluation réguliers des pratiques pour améliorer la qualité de la prise en charge. Enfin, au-delà des aspects purement techniques, le propos souligne l’importance d’un travail en réseau, d’une coordination optimisée entre les services d’urgences et la cardiologie interventionnelle et d’une réévaluation périodique des résultats dans chaque zone géographique. La conférence met en lumière une vision réaliste et pragmatique des marges de progrès possibles, insistant sur la sensibilisation des patients, la rationalisation des parcours de soins, et la formation médicale continue afin d’atteindre des délais pré-hospitaliers toujours plus performants et sauvant ainsi davantage de vies.